©iStock
©iStock

Prenez soin de vos seins

Si 3 ou 4 heures de sport par semaine diminuent de 30 à 40 % le risque de cancer du sein, le poids de la poitrine peut être multiplié jusqu’à cinq lors des impacts. Mieux vaut donc la préserver avec un soutien-gorge de sport adapté. Il est aussi important qu’une bonne paire de baskets…

Pourquoi porter un soutien-gorge de sport ?

Glande principalement constituée de graisse, le sein s’affaisse si l’on n’y prête pas attention. Pour Yann Zagamé, président de Zsport (Zsport (filiale de Medical Z) est spécialisée depuis plus de trente ans dans les vêtements de compression sur mesure pour la chirurgie plastique et les grands brûlés.),« il est important de faire prendre conscience aux femmes qu’une poitrine bien maintenue pendant l’effort physique est une poitrine protégée. La glande mammaire étant positionnée au-dessus des pectoraux, aucun muscle ne vient la soutenir. Seuls la peau et les ligaments de Cooper assurent le rôle de soutien. » Pierre Steinecker, directeur France d’Anita Active (Anita Active est spécialisée depuis 125 ans en lingerie fine, maillots de bain et prothèses mammaires externes après des opérations du sein.), va plus loin : « Les tissus de la poitrine sont extrêmement fragiles. Une fois qu’ils sont distendus, on ne peut plus rien faire. »

Quelle différence avec un soutien- gorge classique ?

Avez-vous déjà essayé de courir un 100 mètres avec un soutien-gorge corbeille en dentelle ? Certes très glamour, la lingerie fine n’est pas ce que l’on fait de plus efficace pour faire du sport. Sachant qu’en France, plus de 52 % de la population féminine fait plus qu’un bonnet C, que pendant l’exercice physique, un soutien-gorge classique perd 50 % de ses capacités de maintien et que les seins parcourent 6 centimètres de haut en bas et 9 centimètres de droite à gauche, d’après une étude menée par Élodie Mutter, chercheuse au centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne… On comprend donc mieux pourquoi 24 % des femmes ressentent des douleurs lorsqu’elles font du sport (selon une étude Zsport).

J’ai de petits seins. Ai-je besoin d’en porter un ?

Même les « petits bonnets » se déplacent et sont sensibles aux tressautements de la course à pied, des cours de fitness… Que vous fassiez un bonnet A ou E, la loi de la gravité est la même pour tout le monde. À la longue, les vibrations risquent de détruire les fibres du tissu. Sans compter que, selon les périodes de la vie, la poitrine est soumise à rude épreuve. Elle gonfle avec le cycle d’ovulation et les grossesses. Et diminue sous l’action des régimes. Résultat : elle s’affaisse au fil des années.

Avec une forte poitrine, je peux faire du sport ?

Pour Yann Zagamé, il n’y a aucune contre-indication à pratiquer une activité physique. « Du bonnet A au bonnet E, et bientôt jusqu’au G, nous avons développé une gamme de brassières et de soutiens-gorges. » Ce sont de véritables secondes peaux. De son côté, Pierre Steinecker ajoute : « Selon les matériaux, les coupes, les caractéristiques d’élasticité et de résilience, l’aptitude d’un tissu à revenir dans la même forme, nous arrivons à une certaine combinaison idéale. »

En faisant du sport pour raffermir mes seins, leur taille peut-elle diminuer ?

Non, affirme Christophe Ruelle, coach sportif : « Il faudrait que les entraînements soient de haute intensité et très musculaires, et associés à un régime sec. Un travail classique, comme il est très souvent pratiqué, tonifiera les pectoraux, donc stimulera la poitrine. »

Quel modèle de soutien-gorge faut-il choisir ?

« Tout dépend du type d’activité et de votre morphologie », précise Alexia Romanet, créatrice d’Anima Athletica, le dressing de sport chic 100 % féminin. « Il ne sert à rien de mettre une brassière de running pour faire du yoga. Et une brassière de yoga ne sera pas du tout adaptée à la course à pied. Trop relâché, il ne sera pas efficace. » Pour elle, le choix se fait également en fonction de nombreux critères : « Le look, le confort et l’envie de porter sa brassière comptent aussi. »

Vaut-il mieux une brassière ou un soutien-gorge ?

« Le confort doit primer, insiste Alexia Romanet. Les brassières croisées dans le dos sont assez larges au niveau du thorax et montent relativement haut sur la poitrine. C’est un choix très personnel. Il n’y a qu’en essayant que vous pourrez faire votre choix. Enfilez plusieurs modèles. »

Je mise sur quel type de bretelles ?

« Les bretelles fines sont à privilégier pour les petites poitrines et les sports avec peu d’impact », conseille la créatrice d’Anima Athletica. Entre le dos en X ou en Y ? « Sur les brassières croisées, les bretelles ne glissent pas sur l’épaule et libèrent l’omoplate. »

J’ai les mamelons très fragiles. Que puis-je faire ?

Le froid, la transpiration, les frottements répétés peuvent être aussi à l’origine de douleurs et autres saignements des tétons. « Optez pour des matières techniques afin d’éliminer la transpiration plus rapidement. Et évitez les coutures sur les coques », rappelle Alexia Romanet. On recommande ainsi très souvent aux marathoniennes de protéger le bout de leurs seins avec un sparadrap ou de les enduire de vaseline avant le départ d’une course.

Clarisse Nénard