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Méditer pour vivre mieux

Prendre le pouls de notre météo intérieure, tel est le credo de la méditation de « pleine conscience ». Sa pratique consiste à ramener son attention sur l’instant présent et à accueillir ses émotions, sans jugement. Hors de toute croyance, quelques minutes de pratique régulière suffisent pour ressentir ses bienfaits réels sur le mental, mais aussi sur la santé

QUEL REMÈDE CONTRE LE STRESS ? LA MÉDITATION EN PLEINE CONSCIENCE ! Mélange de zen, de yoga et de vipassana (une façon de voir les choses telles qu’elles sont réellement), la pratique de la méditation puise ses sources dans les traditions très anciennes, notamment bouddhistes. Mais aujourd’hui, on l’appelle également « méditation laïque ». En effet, dans les années 60, Jon Kabat-Zinn, docteur en biologie moléculaire, a mis au point ce protocole, dénué de toute connotation religieuse. Ainsi, le programme MBSR (pour « Mindfullness Based Stress Reduction ») permet de réduire son stress intérieur, en pleine conscience du moment présent. Pratique pour celles qui ruminent le passé ou anticipent l’avenir ! Mais concrètement, on fait comment ? Suivez le guide !

Accepter le réel

Le stress avec un grand « S » serait-il le mal du siècle ? Prescrite par les spécialistes (psychiatres, neurologues) contre les états anxieux, les douleurs chroniques et le manque de confiance en soi, la mindfulness (ou méditation pleine conscience), en pleine expansion outre-Atlantique, entame sa percée dans l’Hexagone. Attention : nul besoin d’enfiler une tenue de bonze et d’aller méditer huit heures d’affilée sur le toit du monde, paumes des mains vers le ciel ! Non, la mindfulness, c’est ici et maintenant ! En réalité, il s’agit de se mettre dans un état d’esprit propice à l’accueil des émotions, explique Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne : « On est dans une attitude où on laisse émerger ce qui vient, sans filtre, sans décider. Ainsi, on ne gaspille plus d’énergie pour voir les choses telles qu’on aimerait qu’elles soient. On apprend à mieux les accepter. »

Une rencontre avec soi-même…

Si la méditation est accessible de 7 à 77 ans, il vous faudra néanmoins plusieurs séances pour dompter les « chevaux indisciplinés du mental », comme disent les sages. Mais des résultats s’obtiennent en très peu de temps. Pour vous représenter une image, prenez une boule de neige que l’on trouve dans les magasins de souvenirs. Lorsqu’on la secoue, tout s’agite et on ne distingue plus rien. La méditation permet justement de « se poser », au sens propre, comme au figuré. Les particules se déposent petit à petit au fond de soi. La figurine émerge de façon limpide et claire… Ainsi, on se sent plus libre, de penser comme d’agir. On cherche à se rapprocher des modes de fonctionnements plus proches de soi et à se délester de tous ceux qui se sont construits pour diverses raisons (pression sociale, héritage familial ou culturel…). Cette reconnexion aux ressources profondes n’est pourtant pas égocentrée, car c’est en se découvrant soi-même que l’on peut être plus vrai vis-à-vis de son environnement.

… pour mieux vivre avec les autres !

La méditation de pleine conscience n’est donc pas une méditation de fermeture, mais d’ouverture au monde, souligne Jeanne Siaud-Facchin. « Cette pratique diminue le stress de manière significative, car elle agit sur le plan neurophysiologique. Les taux de cortisol diminuent, on se sent donc moins épuisée. Cela permet d’améliorer son état global et d’être pleinement disponible pour autrui – amis, famille ou partenaire… Ce qui est très utile pour les femmes et leur « double vie » – celle du boulot et celle de l’après-boulot (courses, devoirs, dîner des enfants…). On devient présent à ce que l’on fait, donc, on n’a plus l’impression de se disperser en mille occupations, mais plutôt d’accomplir d’une meilleure façon une chose à la fois. »

Méditation, contemplation ou relaxation ?

  • La relaxation va mettre notre cerveau en route pour s’assurer à chaque instant que notre corps et notre psyché sont bien détendus. La différence ? La méditation sert à accueillir des émotions, qu’elles soient positives (joie, surprise) ou désagréables (tristesse, colère), pas à se centrer nécessairement sur le positif.
  • La contemplation (regarder ce qui est) s’en rapproche davantage, sauf qu’elle est tournée vers l’extérieur (un paysage, par exemple). La différence ? La méditation est une contemplation vers l’intérieur. On ramène son attention vers ce que l’on est en train de vivre.