Les acouphènes, comment s’en débarasser ?

Acouphènes
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16 millions de français en souffriraient, d’après une étude réalisée dans le cadre de la journée mondiale de l’audition. Pas facile de faire la peau à ce petit bruit insupportable. A défaut de guérir de la lésion, les acouphènes peuvent disparaître, permettant ainsi de retrouver une vie normale.

Les acouphènes, comment s’en débarasser ?

Les acouphènes, c’est ce bruit dans votre tête que personne d’autre n’entend. Pas celui qui vous parle, non? Plutôt ce son suraigu qui siffle en continu, ou ce cliquetis, ou encore ce bourdonnement qui, chez certains, se transforme en tondeuse à gazon. En fait, il existe toutes sortes d’acouphènes. Certains sont perçus au niveau d’une seule oreille, ou des deux, ou du crâne. Certains sont continus, d’autres partent et reviennent.

Pour compliquer les choses, les acouphènes ne sont pas une maladie qui aurait une cause bien définie. « C’est un symptôme qu’on peut retrouver dans différentes maladies, ou lors d’un traumatisme auditif, indique le Dr Pascal Foeillet, oto-rhino-laryngologiste. La cause la plus fréquente est liée au vieillissement de l’oreille. » On cite également, en vrac, la maladie de Ménière, l’otospongiose, les otites, et même l’hypertension artérielle ou un choc émotionnel. Mais chez les jeunes, et les encore à moitié jeunes, la cause la plus fréquente d’acouphène reste le traumatisme sonore. Il suffit d’un concert où on est mal placé (à côté des amplis…) ou d’une soirée en boîte arrosée d’un son un peu pus vigoureux que d’habitude, après lesquels on rentre chez soi avec un sifflement dans l’oreille. Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

On consulte

Cela fait une semaine que la concert est fini. La gueule de bois est passée, mais pas les sifflements. Les acouphènes sont transitoires dans 95% des cas, mais s’ils ont l’air de vouloir s’installer ou qu’ils reviennent régulièrement, il vaut mieux consulter assez rapidement un ORL. Plus vite les acouphènes sont pris en charge, plus grandes sont vos chances de vous en débarasser rapidement. C’est lié à la nature même de l’acouphène. « Quel que soit le facteur déclenchant, le bruit de l’acouphène est toujours issu d’un dysfonctionnement du système nerveux auditif, explique le Dr Foeillet. Il s’agit d’une hyperactivité des neurones auditifs. » En temps normal, le cerveau n’y prend pas garde. « Il existe des structures sous le cerveau auditif qui suppriment les bruits qui ne servent à rien, c’est pour cette raison que, généralement, vous ne les percevez pas. » Mais à la suite d’un choc ou d’un facteur extérieur, il peut en être autrement. Une fois que le acouphènes commencent à vous gêner, vous vous inquiétez et le cerveau associe ce bruit à un signal d’alerte. Plus vous tardez à consulter, plus vous vous angoissez et plus vous aggravez le problème.

Si nécessaire, on se fait appareiller

Le médecin éliminera les causes possibles de maladie. Il vérifiera que vous n’avez pas les oreilles bêtement bouchées par un bouchon de cérumen. Mais surtout, il mesurera votre audition avec un test d’audiométrie. « Les acouphènes s’accompagnent presque toujours d’une baisse de l’audition, même minime », note l’ORL. Si elle est assez conséquente, il vous proposera un appareil auditif qui a des chances d’atténuer considérablement, voire de faire disparaître vos acouphènes. Et pour cause: plus vous tendez l’oreille pour entendre votre environnement, plus vous prêtez attention à vos acouphènes. Quand les bruits quotidiens reprennent leur place, les acouphènes sont relégués au second plan. Le cerveau réapprend alors à faire le tri entre ce qui mérite d’être entendu et ce qui ne sert à rien. Il faut généralement quelques mois pour s’habituer à l’appareil.

On teste les thérapies par le bruit

Il n’existe pas un traitement unique et efficace des acouphènes, tout dépend de leur ténacité et de la façon dont vous les supportez. Les médecins associent généralement plusieurs solutions, surtout si le acouphènes sont mal vécus: un appareil auditif si nécessaire, des médicaments – antidépresseurs ou anxiolytiques – de manière transitoire, de la sophrologie, etc… Une des premières options proposées peut être la thérapie par le bruit. L’objectif est de détourner l’attention du cerveau pour vous permettre de vous détendre. Il s’agit d’écouter, plus ou moins en continu, une musique relaxante à un niveau très bas, ou des bruits « blancs », qui ressemblent au chuintement d’un téléviseur mal réglé. Ces sons cachent les bourdonnements d’oreille. Le cerveau s’y habitue, en même temps qu’aux acouphènes. Au bout d’un moment, il peut recommencer à les ignorer jusqu’à ce que vous ne les entendiez presque plus, ou plus du tout.

On devient zen

Quand les acouphènes sont bien installés et vraiment handicapants, les patients sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire qui comprend un ORL, un audioprothésiste et un sophrologue, ou encore un psychologue qui pratique les thérapies cognitives et comportementales (TCC). Les dernières études parues sur les acouphènes ont montré que ce sont ces thérapies qui obtiennent les meilleurs résultats. Il y a encore peu de temps, les médecins prescrivaient des médicaments vasodilatateurs contre les acouphènes, mais ils n’ont pas vraiment fait la preuve de leur efficacité. La sophrologie, l’hypnose ou les TCC ont pour but de vous apprendre à détacher votre attention des acouphènes, et surtout à ne plus les relier à des émotions négatives. « Il s’agit de rééduquer le cerveau », complète Pascal Foeillet. Dès que vous parvenez à vous détendre et à faire progressivement abstraction, les acouphènes deviennent de plus en plus supportables, voire anodins, et peuvent même disparaître? En parallèle, des associations comme France Acouphènes se révèlent également d’une grande aide.

Trois idées reçues à oublier tout de suite

1) Ils sont un symptôme de tumeur

Les tumeurs du nerf auditif sont très rares et l’ORL aura soin d’éliminer cette possibilité. Franchement, vous avez beaucoup plus de chances de vous retrouver avec des acouphènes en écoutant en boucle la playlist de votre smartphone.

2) Les acouphènes sont un signe précurseur d’AVC

Les acouphènes ne suffisent pas plus à diagnostiquer un AVC qu’un banal mal de tête. Si vous craignez vraiment de faire un accident vasculaire cérébral, focalisez-vous plutôt sur ces symptômes: des troubles de la parole, de la vision, un engourdissement éventuel du visage, d’un bras ou d’une jambe, des maux de tête violents, des nausées ou un trouble brutal de l’équilibre.

3) Il vaut mieux éviter le bruit quand on a des acouphènes

C’est un très mauvais calcul. Les bruits de la vie courante ne peuvent pas aggraver les choses, alors que le fait de vous désocialiser, si. L’environnement a pour effet de masquer les acouphènes et d’aider le cerveau à s’y habituer tout doucement et à ne plus s’y intéresser. Vous focaliserez beaucoup plus sur vos acouphènes dans le silence.

L’échelle des bruits

Le meilleur moyen de soigner les acouphènes, c’est de ne pas en attraper en protégeant vos oreilles. Rappelez-vous que les oreilles ne s’habituent jamais à la musique forte, même si le cerveau peut aimer ça.

L’astuce en +

Le programme de gestion des acouphènes de Widex est une méthode unique offrant quatre composants au traitement des acouphènes: l’accompagnement et la réduction du stress, la stimulation sonore (via le programme Zen) et l’amplification. Les composants peuvent être associés selon les besoins pour aider à réduire les effets négatifs communs des acouphènes, comme le stress et les troubles du sommeil. Une étude clinique a prouvé que le programme Zen de l’application Widex Zen, une fonctionnalité particulièrement originale de l’aide auditive proposé par Widex, est un des outils les plus efficaces pour le soulagement des acouphènes.