Hygiène féminine : ce qu’il faut faire et ne pas faire

Hygiène féminine
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Vous faites attention à votre santé, vous vous assurez que vous dormez assez, que vous mangez correctement et que vous faites régulièrement de l’exercice. Mais faites-vous attention à vos besoins en ce qui concerne vos parties intimes ? Votre vagin est un organe complexe et incroyable, mais il est souvent incompris, en particulier quand il s’agit de tendances beauté et de traitements. Voici ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire pour votre hygiène féminine.

Hygiène féminine : ce qu’il faut faire et ne pas faire

Pour réduire une infection : les douches de yaourt

Les mycoses vaginales, causées par une croissance démesurée des champignons Candida, sont un problème de santé courant qui provoque des démangeaisons, des brûlures et des sécrétions. En plus d’utiliser des crèmes et des suppositoires antifongiques en vente libre, certaines femmes insèrent du yaourt dans leur vagin. « Le yaourt contient une grande quantité de la bonne bactérie Lactobacille, vous pouvez donc l’utiliser dans votre vagin », explique Minkin. Une étude iranienne menée en 2015 a démontré que les femmes qui utilisaient un mélange de yaourt et de miel obtenaient de meilleurs résultats en ce qui concerne la diminution des mycoses que celles qui étaient traitées avec un médicament antifongique classique.

Pour réduire les douleurs vaginales : les crèmes topiques

La vulvodynie est une irritation aiguë qui provoque des brûlures autour des parties intimes. Elle peut se développer dans une seule zone ou au niveau de toute la vulve. Les traitements varient. L’un d’eux consiste à utiliser une crème antifongique, affirme Minkin. Évitez les irritants (comme les shampoings parfumés et les détergents) et portez des sous-vêtements et des tampons en coton. Si les douleurs persistent, consultez un médecin. La pilule peut aussi poser problème. « Parfois, si nous donnons trop d’oestrogène et de testostérone à notre corps par le biais d’une crème topique, il vaut mieux que la patiente arrête la pilule ».

Pour augmenter la satisfaction au lit : le stimulateur de clitoris

Ce stimulateur est une ventouse que l’on place sur le clitoris pour augmenter le flux sanguin dans cette région, ce qui augmente l’excitation. Une étude publiée dans la revue Menopause a démontré que le flux sanguin augmentait après seulement 10 minutes. « C’est une option pour les femmes qui ont une libido faible, qui sont stressées ou fatiguées et qui ont besoin d’un peu de peps », déclare Millheiser qui a aidé à développer le produit.

Le vaginal steaming

QU’EST-CE QUE C’EST ?

Un mélange d’herbes comme l’armoise, le romarin, l’armoise absinthe et le basilic est placé dans une bassine d’eau chaude. L’idée, c’est de s’asseoir ou de vous accroupir (dévêtue) au-dessus de la bassine et de laisser la vapeur entrer dans votre vagin. En théorie, la vapeur aide à ramollir et à ouvrir les tissus vaginaux, ce qui permet aux propriétés médicinales des herbes de se propager dans l’utérus. Certaines femmes affirment que c’est une façon relaxante de soulager les crampes menstruelles et de se débarrasser des odeurs non souhaitées.

POURQUOI L’ÉVITER ?

Tout d’abord, il n’y a vraiment aucune raison de nettoyer votre vagin. « Des milliards de bactéries travaillent à son équilibre. Les cas où un nettoyage est nécessaire sont très rares. Encore plus avec de la vapeur qui peut brûler des zones extrêmement sensibles », explique Mary Jane Minkin, professeur au département des sciences obstétriques, gynécologiques et reproductives à la Faculté de Médecine de Yale. De plus, il est possible de développer une réaction allergique aux herbes contenues dans la vapeur. « Cela peut créer des démangeaisons, de fortes douleurs et d’autres gênes ».

Les traitements par le blanchiment 

QU’EST-CE QUE C’EST ?

Le blanchiment vaginal (alias le blanchiment des parties intimes) est devenu tendance et de plus en plus de femmes utilisent des produits de blanchiment pour changer la couleur de leur vulve (l’ouverture externe du vagin) et de leurs lèvres (autour du vagin). Au VSpot MediSpa, spécialisé dans la santé sexuelle et les traitements de beauté, les clientes se voient proposer un traitement « VSpot » qui éclaircit la zone autour de l’anus et du vagin grâce à un mélange de traitements au VSpot MediSpa et des produits de blanchiment que vous pouvez utiliser chez vous.

POURQUOI LES ÉVITER ?

« Les femmes ont une idée influençable sur ce à quoi devraient ressembler les choses, mais c’est une zone qu’il est inutile de changer », déclare Leah Millheiser, directrice du Programme de Médecine Sexuelle chez les Femmes au département d’obstétrique et de gynécologie de la Faculté de Médecine de Stanford. Toutes les lèvres sont différentes et belles ». Au delà du prix des crèmes et des traitements, il y a aussi la véritable possibilité de développer une réaction aux agents de blanchiment.

Le rajeunissement et la chirurgie esthétique

QU’EST-CE QUE C’EST ?

Des interventions chirurgicales comme la vaginoplastie, l’amplification du point G et l’hyménoplastie promettent une gratification sexuelle accrue pour votre partenaire et vous-même. La vaginoplastie consiste à resserrer un vagin distendu à cause, par exemple, d’un accouchement ou de la vieillesse grâce à une opération chirurgicale traditionnelle ou grâce à des ondes de radiofréquences ou à des lasers. Lors d’une hyménoplastie, l’hymen est chirurgicalement reconstruit. Lors d’une amplification du point G, du collagène est injecté dans la paroi interne du vagin. D’autres procédés fonctionnent également pour changer la forme et l’apparence des lèvres.

POURQUOI LES ÉVITER ?

Des institutions médicales comme l’association américaine des obstétriciens et gynécologues (ACOG) mettent en garde contre ces procédés, non seulement invasifs, mais pour la plupart, inutiles. « Les femmes devraient être informées du manque de données pour soutenir l’efficacité de ces techniques et des potentielles complications, y compris des infections, l’altération des sensations, des adhésions, une dyspareunie [acte sexuel douloureux] et des cicatrices, a récemment déclaré l’ACOG. La plupart de ces procédés ne durent que quelques mois et ne sont pas remboursés par les assurances. Vous déboursez donc beaucoup d’argent pour quelque chose qui n’est pas prouvé et qui présente des complications potentielles », explique Millheiser.

 

Traduit par Mélanie Geffroy