Cancer du sein : attention à votre taux de graisse

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Il a été démontré qu’à la ménopause, chez les femmes à l’IMC normal, avoir plus de graisse corporelle était lié à un plus grand risque de souffrir de cancer du sein

L’IMC est une façon courante d’estimer le taux de graisse corporelle d’un individu et sa santé globale, mais ce n’est pas la plus fiable. Même s’il est simple et rapide d’entrer des chiffres pour avoir une idée générale de la graisse corporelle d’un individu, l’IMC ne prend pas en compte la densité osseuse et la masse musculaire. Plusieurs personnes avec le même IMC peuvent donc avoir des quantités de graisse corporelle différentes. Dans une récente étude, des scientifiques ont comparé des analyses plus détaillées de la composition corporelle et ont découvert que la quantité de graisse corporelle chez les femmes ménopausées et le risque de souffrir d’un cancer du sein étaient liés.

Lors d’une étude qui a analysé les données de 3 460 femmes âgées de 50 à 79 ans et à l’IMC normal (18,5-25) pendant une moyenne de 16 ans, les scientifiques ont démontré que les femmes qui avaient le taux de graisse corporelle le plus élevé avaient plus de risques de souffrir d’un cancer du sein invasif que les autres.

L’étude présentée lors d’une Conférence Spéciale de l’Association Américaine pour la Recherche contre le Cancer intitulée « Obésité et Cancer : les Mécanismes Sous-jacents de l’Étiologie et Résultats » a analysé les taux de graisse corporelle par le biais d’une ostéodensiométrie, ou absorptiométrie biphotonique à rayons X, qui mesure le contenu de la graisse. Même si les femmes avaient en moyenne toutes le même IMC, les différences en matière de graisse corporelle semblaient affecter le risque de souffrir d’un cancer du sein invasif.

« Nous ne savions pas si les individus qui avaient des IMC normaux, mais une plus grande quantité de graisse corporelle, avaient plus de risques de développer un cancer,  a déclaré Neil Iyengar, oncologue médical au Memorial Sloan Kettering Cancer Center, dans un communiqué. Nos découvertes montrent que le risque de souffrir d’un cancer du sein invasif est accru chez les femmes ménopausées à l’IMC normal, mais qui ont plus de graisse corporelle. Cela signifie qu’une grande proportion de la population risque, sans le savoir, de développer un cancer ».

Parmi les femmes de l’étude, 182 ont développé un cancer du sein et 146 d’entre elles avec récepteurs oestrogéniques positifs. Les femmes du premier quartile en matière de graisse corporelle avaient deux fois plus de risques de souffrir de cancer du sein avec récepteurs oestrogéniques positifs comparées aux femmes qui avaient le moins de graisse corporelle.

L’étude a démontré que l’IMC n’était pas toujours une bonne façon de déterminer le risque qu’a un individu de développer des maladies liées au poids.

« Ces résultats surprendront certainement plusieurs médecins et plusieurs patients car l’IMC est la méthode actuelle standard pour déterminer les risques de souffrir de maladies liées au poids, a déclaré Andrew Dannenberg, directeur associé de la Prévention du Cancer au Sandra and Edward Meyer Cancer Center du Weill Cornell Medicine, dans un communiqué. Nous espérons que ces résultats alerteront les femmes sur le plus grand risque de souffrir de cancer du sein à cause de la graisse corporelle, même si elles ne sont pas en surpoids ».

Les chercheurs font remarquer que cette étude n’a été menée que sur des femmes ménopausées et que leurs résultats ne peuvent donc pas s’appliquer à la population en général. Il est également utile de noter que le risque accru n’est peut-être pas uniquement lié au poids, mais aussi aux habitudes en matière d’activité physique.

« Le taux d’activité physique était plus bas chez les femmes qui avaient une plus grande quantité de graisse corporelle,  affirme Iyengar. L’activité physique est donc importante, même pour les personnes qui ne sont pas obèses ni en surpoids ».

Par Ros McNulty / Traduit par Mélanie Geffroy