Anne-Lise Costa: le body sur l’île de beauté

Anne Lise Costa
© Muscle & Fitness

La Corse ne pouvait trouver meilleure ambassadrice que l’internationale Anne-Lise Costa. La splendeur de l’île de beauté et le charisme d’une championne semblent se mêler chez cette sportive qui incarne un bodybuiling moderne.

Anne-Lise Costa: le body sur l’île de beauté

Fer de lance de la catégorie Bikini en France, l’athlète est connue pour le fort sentiment esthétique qu’elle dégage sur scène. Née en 1986 à Ajaccio où elle vit toujours , son parcours est rythmé de titres et de premières places. Anna-Lise Costa, si on observe attentivement son palmarès, se distingue également par des victoires dans les Toutes Catégories féminines, preuve qu’elle propose un physique doublement apprécié. Sa grâce satisfait à la demande d’une catégorie créée pour préserver la féminité dans la course aux muscles, mais son travail incarne également l’idée que les juges et les spectateurs se font du bodybuilding féminin en général : Un bodybuilding moderne qui pour autant ne s’est pas coupé de ses origines. Un goût du muscle qui est venu très tôt chez Anne-Lise.

Elle n’a en effet que dix-huit ans lorsqu’elle rencontre son mari, le champion Hervé Costa. Et c’est dans une salle de sport ajaccienne que les deux vont se « trouver ». Anne-Lise a déjà à son actif une longue pratique : « J’étais déjà très musculaire, grâce à plus de onze ans de pratique de gymnastique. » Un titre de championne de Corse était venu couronner ces années-là. « J’ai également goûté aux sports de combats » ajoute-t-elle. En résumé, elle appréciait le muscle depuis longtemps. Cet intérêt allait vite se transformer en passion. « C’est ma rencontre avec Hervé qui fut décisive. C’est à ce moment-là que je me suis mise sérieusement à la musculation. » Et c’est à Hervé, encore, qu’Anne-Lise doit sa venue à la compétition.

De la salle à la scène

« C’est mon Mari, qui, sans rien me dire, m’a inscrite en 2013 pour le GP des Pyrénées. » Hervé Costa (entre autres vice-champion de Corse de Kick-Boxing, champion de France et 3ème à Europe IFBB 2014) y avait en effet découvert la récente catégorie « Bikini ». Il pensait qu’Anne-Lise pouvait vraiment y exprimer tout son talent. « Il me disait à cette époque que c’était une catégorie très féminine et accessible. J’ai donc commencé ma préparation, sans penser une seule seconde que je ferais cela durant cinq années consécutives. » Cette saison fut en effet très chargées en termes de participations. En 2013 le GP des Pyrénées organisait en même temps la demi-finale du championnat de France IFBB. Qualifiée pour la finale qui se tenait a Gravelines, Anne-Lise Costa a ensuite poursuivi son périple avec les Jeux méditerranéens, puis l’Arnold Classic, et enfin le Bodygear Cup. Au total, la championne avait concouru d’avril à novembre. Lorsqu’on connaît l’exigence de la compétition à haut niveau, on peut dès lors se demander comment la jeune femme a pu enchaîner autant de concours avec les succès que l’on connaît.

De la scène aux podiums

« Je suis très exigeante. A chaque préparation je veux être différente de la fois précédente. » De fait, Anne-Lise se présente plus sèche d’une compétition à l’autre. L’exploit étant de garder le même galbe et de continuer à satisfaire aux critères de sa catégorie. Force est de constater, aux nombre des titres cumulés, qu’Anne-Lise Costa y parvient sans l’ombre d’un doute. Sa constante progression a fait que de 2013 à 2017, la championne a toujours été classée. « Ces cinq années sont passées si vite, lance Anne-Lise Costa, il faut profiter le plus possible de tous ces moments ! » Ainsi, le plaisir pris lors de ces rudes préparations serait la clé du succès ? « Oui, affirme-t-elle, sur scène c’est un plaisir total. » Anne-Lise raconte alors sa fierté du travail accompli. Sa satisfaction de l’exposer au public et aux juges. Si elle apprécie de mouler ses formes dans un maillot, elle savoure aussi la confection sur mesures et à son goût de ce même maillot. Tout contribue ainsi à son indéniable aisance sur scène. « J’aime le show, le spectacle, l’échauffement en backstage. J’aime l’ambiance et le partage avec les autres athlètes féminines » conclut-elle. Et à propos, quelle image au juste du bodybuilding aime-t-elle véhiculer ?

L’amour de la « vieille école »

C’est définitivement l’esthétique dite « Oldschool » qu’Anne-Lise Costa affectionne au plus haut point. Et cette vision de la discipline passe par une pratique qui découle de l’âge d’or du bodybuilding. Elle va bien quelques fois dans des salles, avec Hervé. Pour toucher à d’autres machines, expérimenter d’autres sensations. Mais pour l’essentiel, Anne-Lise Costa s’entraîne chez elle. « Tout est à l’ancienne ! » précise-t-elle avec fierté. On y trouve des barres olympiques et de la bonne vieille fonte sous forme de disques et d’haltères. Quant au choix des mouvements il va avec. Les exercices de base polyarticulaires forment le socle inchangé de son entraînement. Une miss Bikini qui ne craint pas de squater lourd, en quelque sorte. Et ce retour aux sources ne se limite pas à l’entraînement. « Je varie au maximum mes sources de protéines pour que ce soit le plus complet possible, et mon poulailler m’offre tous les jours des bons œufs bio, que je mixe avec de l’avoine, du sarrasin et des oléagineux. » Pour Anne-Lise comme pour Hervé Costa, le Bodybuilding est un art qui perd son charme avec les années. « Heureusement il reste des athlètes de qualité pour transmettre la vraie pratique et non céder à l’effet de mode. » Avec plus d’une dizaine de victoires à son actif, Anne-Lise véhicule largement cette vision originelle de son sport. Et la vie de famille dans tout ça ?

L’esprit (et le sport) de famille

« Cela fait maintenant dix ans que nous sommes mariés.  Nous avons beaucoup de respect l’un pour l’autre, et quand on se prépare nous savons ce que vit l’autre par expérience. C’est la différence avec un couple dont un seul est compétiteur — ce qui peut entraîner beaucoup d’incompréhension. » À leur vie de couple vient s’ajouter le statut de parents puisqu’ils ont une fille unique de dix ans : Loane. « Notre fille vit très bien nos parcours de compétiteurs », explique Anne-Lise. Car le couple, précise-t-elle dans la foulée, ne vit pas uniquement pour le Bodybuilding. « Ce serait vraiment malheureux. Il y a des choses beaucoup plus importantes. Nos préparations n’ont jamais empiété sur notre qualité de vie ou la scolarité de notre fille. » Cinq années durant Anne-Lise et Hervé ont pourtant voyagé aux quatre coins de la France et jusqu’à l’étranger. « Notre fille a beaucoup apprécié son déplacement avec nous lors du Blanc Classic a Carcassonne. Pour une fois elle assistait en direct à une victoire de sa maman ! » Et d’ajouter que montrer la réussite sportive aux enfants est une bonne chose pour leur confiance future. « Il n’est pas rare de voir Loane descendre nous rejoindre dans notre « Home Gym » pour effectuer des mouvements en toute sécurité avec sa maman. C’est un très bon compromis avec sa pratique de la gymnastique. Elle respecte ce que nous faisons et en est très fière ; c’est une chance pour nous. »

Progrès et tradition

Finalement, la championne est parvenue à évoluer tout en restant ancrée, comme sa terre natale, dans l’héritage des coutumes. Que ce soit à travers son alimentation, son mode de vie en général ou sa philosophie de l’entraînement. « Nous aimons les mêmes choses mon mari et moi. La pêche, la chasse, la nature, le sport. Nous évitions au maximum de nous enfermer dans les villes. » Quant au matériel il est spartiate et à l’ancienne. Et les mouvements sont ceux de l’âge d’or du bodybuilding. « La base est ce qu’il y a de mieux ! », affirme sans hésiter Anne-Lise Costa. Dans le même temps, au vu de son brillant palmarès, la jeune femme incarne l’idéal de cette catégorie moderne des Miss Bikini. Une contradiction ? Pas tant que ça.

L’athlète et son île

Concilier les contraires, ce qui fait la beauté des paysages de la Corse qui mêlent mer et montagne, plages et forêts, douceur et force. Harmoniser les contraires, c’est subtilement ce que fait aussi Anne-Lise Costa. Liant la volonté et plaisir, harmonisant sa vie de famille et la rigueur de la compétition joignant un entraînement pur et dur avec la finesse des miss Bikini. Si « ce qui est contraire est utile », écrivait Héraclite comment Anne-Lise parvient-elle à cette conjuguer ces antagonismes ? En trouvant et en créant l’équilibre, élément indispensable dans sa vie comme dans sa pratique sportive.

L’entraînement Anne-Lise pour le bas du corps

Échauffement : 10 minutes de vélo

Leg extension en pré-fatigue : 1 x 25 répétitions

Leg curl en pré-fatigue : 1 x 25 répétitions

Corps de la séance

Front Squat à la barre libre : 3 x 8 à 10 répétitions

Squat Sumo à la barre libre : 3 x 10 à 12 répétitions

Fentes marchées jusqu’à à l’échec musculaire avec la barre à 30 kg : 3 séries

Sissy Squat au poids de corps jusqu’à l’échec musculaire : 3 séries

Hip Thrusts (pour les fessiers) : 3 x 8 à 12 répétitions

Mollets assis en bi-set avec mollets debout : 5 x 15 à 25 répétitions

Retour au calme : marche de 5 minutes