6 peaux de banane à éviter !

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Vous voulez perdre quelques kilos ? Très bien. Alors, évitez ces pièges… Attention, l’ennemi n’est pas forcément celui auquel vous pensez 

Que vous vouliez perdre 5 ou 10 kilos ou que vous fassiez juste attention à votre ligne… c’est un peu la même histoire ! Votre objectif ? Contrôler ce que contient votre assiette. Sur le papier, l’idée peut paraître séduisante. Mais dans les faits, le mieux est souvent l’ennemi du bien. Surtout si vous avez accumulé au fil du temps des notions nutritionnelles pêchées çà et là : livres de régimes, dossiers dans les magazines, conseils de copines… D’autant qu’on entend très souvent tout et son contraire sur le sujet ! Pour maigrir ? Il faut supprimer les graisses. Et hop ! vous remplissez votre chariot de produits allégés en graisses. Sans même vous en rendre compte (et en pensant bien faire !), vous plombez ainsi votre ration quotidienne de plusieurs centaines de calories. Stop ! Évitez les six pièges qui suivent et vous mincirez sans risque.

1 – Alimentation « santé »

Si c’est bon pour la santé… c’est bon pour la ligne, non ? Pas forcément. Et surtout, cette notion d’alimentation « santé » induit chez vous des comportements spécifiques. Exemple : devant des frites et des saucisses, vous restez de marbre ! Mais la salade, le riz complet, tout ce qui est bio ? Vous y allez à fond. Largement arrosé d’huile d’olive, la meilleure ! Sauf que, au final, vous pouvez faire autant d’excès avec des aliments estampillés « santé » qu’avec n’importe quelle autre nourriture, y compris la junk food.

Des études menées récemment ont ainsi mis en avant la propension naturelle des cobayes à augmenter les portions en face d’aliments prétendument bons pour la santé. Plus pervers encore, la majorité de ces mêmes cobayes plaçaient les aliments dans la catégorie « bon pour la santé » en fonction de simples mentions sur les emballages : « sans graisses ajoutées », « enrichis en fibres », « moins de cholestérol », etc. Et sans vérifier plus avant l’étiquette. Autant dire que les rois du marketing ont encore de beaux jours devant eux ! Même chose avec le bio. Nombreux sont ceux qui ont l’impression que manger bio, c’est manger plus « léger » parce que c’est meilleur pour la santé. Non. De l’huile, qu’elle soit d’olive ou bio, c’est toujours 100 % de gras. Une seconde étude publiée dans le Journal of Consumer Research a ainsi mis en évidence que les personnes qui mangeaient ce qu’elles pensaient être bon pour leur santé sous-estimaient leur ration calorique de près de 45 %. Comment s’en sortir ? C’est plutôt simple, vous avez deux façons d’aborder le problème : réviser les bases de la nutrition (et vérifier la composition exacte des produits que vous achetez) et mesurer ce que vous avalez. Reprenons l’huile d’olive, par exemple. Même si cette huile est intéressante sur le plan nutritionnel, cela reste une huile. N’en versez pas de grandes rasades sur votre salade sous prétexte que vous vous ferez du bien, mais préparez votre vinaigrette avec deux cuillères à soupe d’huile. Même chose pour les fruits secs ou les oléagineux : ne mangez pas à même le paquet ! Prélevez plutôt une portion (une cuillère à soupe ou une petite poignée) que vous mettrez dans un bol. Et rangez le paquet.

2 – Compter les calories 

Pour certains, maigrir, c’est uniquement une question de chiffres. Celui que l’on aimerait voir sur la balance et celui qu’il faut pas dépasser par jour, en nombre de calories, bien sûr. Même si les chiffres comptent, parce que l’équation apports/dépenses est bel et bien celle qui fait que l’on prend du poids ou que l’on en perd, réduire l’amincissement et la nutrition à cela est une erreur. « Vos objectifs ne devraient jamais être quantifiés et se réduire à un nombre de kilos à perdre« , explique ainsi Florence Pujol, nutritionniste spécialiste des troubles alimentaires. « Non seulement vous risquez de ne pas ingérer suffisamment de calories, surtout si vous faites du sport ; mais vos besoins devront sans arrêt être réévalués au fil du temps». Le calcul calorique « perte de poids » n’est ainsi pas forcément un outil très utile. Partant du principe que dans un demi-kilo de graisses il y a 3 500 kilocalories, de nombreux experts en nutrition avaient établi qu’il suffisait de réduire les apports de 500 kilocalories par jour pour perdre 500 grammes par semaine, soit 2 kilos par mois, 24 kilos par an. Une équation gagnante pour ceux qui ont beaucoup de kilos à perdre ? Pas vraiment. Car vos besoins caloriques ne sont pas les mêmes si vous pesez 80, 60 ou 50 kilos… Pour maintenir une perte de poids réelle au fil du temps, il faudrait donc réévaluer et recalculer les apports à chaque kilo perdu, ou presque ! Autant dire une vraie équation impossible à résoudre. Par ailleurs, le tout-chiffre, et notamment le tout-calorique, a aussi un autre effet pervers. Chez celles qui pensent maigrir plus vite en suivant un régime drastique, notamment. Car, à force de réduire les aliments à des chiffres, le danger est de ne plus couvrir les besoins réels de notre organisme (lequel réduira automatiquement son métabolisme de base, et consommera donc moins de calories). Le comble ? Les obsédées de la calculette n’arrivent plus à savoir quelle quantité de nourriture elles ont besoin pour satisfaire leur appétit.

3 – Tromper l’organisme 

Faux sucres, fausses graisses, fausses protéines… Ne croyez pas pouvoir tromper votre organisme aussi facilement. Quand vous mangez un gâteau, votre esprit et vos papilles s’attendent à manger un vrai gâteau… votre organisme aussi. Si vous ne lui apportez pas ce qu’il attend, cela crée une certaine confusion ! Or l’organisme n’aime pas trop être pris en traître… Il risque de vous le faire payer, de la même façon qu’il vous fait payer de grosses privations, en vous faisant regrossir deux fois plus vite lorsque vous mangerez à nouveau normalement.

Par ailleurs, vous créez ainsi bien souvent un sentiment de frustration contre-productif. Car vous oubliez un élément très important dans l’équilibre alimentaire (et, par là même, une alimentation qui ne fait pas grossir) : le plaisir. En d’autres mots, si vous voulez manger un gâteau parce que vous en avez terriblement envie… mangez un gâteau. Savourez-le, appréciez-le, aimez-le. Ne mangez pas un paquet entier de gâteaux « allégés », sans sucres ni graisses, qui ne vous apportera aucune satisfaction sur le plan du plaisir gustatif et qui surtout, au final, vous fera grossir. Votre organisme, lui, assimilera de façon beaucoup plus optimale le vrai gâteau que le « faux ». Peut-on alors tout manger ? « La règle, c’est de consommer avec faim, plaisir et de s’arrêter à satiété », continue Florence Pujol. Comment choisir ses aliments ? « Là encore, il faut s’écouter ! C’est ce qu’on appelle “l’appétit spécifique”. Ce n’est pas pour rien si on a plus de plaisir à consommer une soupe chaude ou un plat mijoté comme le pot au feu en hiver et des crudités ou un gaspacho en été ». 

QUAND VOUS MANGEZ UN GÂTEAU, VOTRE ESPRIT ET VOS PAPILLES S’ATTENDENT À MANGER UN VRAI GÂTEAU… VOTRE ORGANISME AUSSI.

N’oubliez pas que le sucre et le gras font partie intégrante d’une alimentation saine et équilibrée, tout comme les autres nutriments que sont les protéines, les glucides lents, etc. Il n’est donc pas question de les supprimer totalement de vos menus, car vous en avez besoin pour rester en bonne santé. En revanche, point trop n’en faut ! Vous avez besoin d’un compteur ? Gardez toujours en tête les proportions 90/10. Soit 90 % sans graisses ni sucres et 10 % de graisses et de sucres : une cuillère à café d’huile d’olive sur les crudités, un carré de chocolat râpé sur un bol de fromage blanc, etc. Cela fonctionne aussi pour les repas : un sur dix peut être pris au fast-food par exemple.

4 – Le petit en-cas après la séance de sport 

Le sport, ça creuse, n’est-ce pas ? Mais faut-il pour autant avaler deux barres protéinées, un litre de boisson isotonique et un demi-paquet de gâteau après un jogging de 30 minutes ou une séance d’abdos-fessiers au club du coin ou dans votre salon ? Non ! Même si vous brûlez des calories pendant la séance, vous aurez tôt fait d’en avaler plus que ce que vous avez dépensé si vous ne faites pas attention. Une étude parue dans le journal Appetite montre une relation assez directe entre l’idée de faire du sport et le « grignotage ». Le problème ? Celles qui pratiquent un peu de sport ont tendance à surestimer l’effort produit… et donc les dépenses caloriques réelles. Dans les faits, à moins de pratiquer très intensément, vous n’avez même pas vraiment besoin de manger après une séance de sport. Vos 20 minutes sur le tapis de course ? Un cours de yoga ou une séance d’aquagym ? Inutile de prévoir un en-cas, à moins que le prochain repas soit très lointain et que le précédent ait été trop léger. S’il est prévu que vous déjeuniez ou dîniez dans les deux heures qui suivent, oubliez le grignotage. En revanche, après une séance particulièrement intense, vous pouvez manger un petit quelque chose. Optez alors pour une banane, une poignée d’amandes ou de noisettes, quelques fruits secs.

5 – Vous affamer

Tous les jours, c’est un peu le même scénario : vous avez pris un petit déjeuner dans les règles de l’art – un fruit, un minibol de céréales non sucrées, un petit café ou un thé ! et votre déjeuner sera  dans la continuité de votre petit déjeuner : une salade de crudités et une demi-tranche de jambon. Bref, que du superlight, puisque vous voulez maigrir ! Oui, mais. Ce n’est pas parce que vous allez vous mettre en mode famine que vous allez maigrir. La preuve ? Quand votre collègue vous propose un café à 11 heures, vous ne pouvez pas vous empêcher de l’accompagner d’un pain au chocolat… Ou plutôt de deux.

EN VOUS AFFAMANT, VOUS ENVOYEZ À VOTRE ORGANISME UN MESSAGE TRÈS CLAIR : « IL FAUT FAIRE DES RÉSERVES POUR LA PROCHAINE FOIS. »

Et à 16 heures, ce sera bis repetita. En vous affamant, vous envoyez à votre organisme un message très clair : « Il faut faire des réserves pour la prochaine fois ». Mais vous perturbez aussi votre propre relation à la nourriture. De nombreuses études ont ainsi montré que les personnes qui suivent des régimes trop stricts deviennent complètement obsédées par la nourriture. Au final, elles ont tendance à manger plus que celles qui ne se privent pas. Résultat ? Elles ne parviennent pas maintenir un poids de forme et flirtent sans arrêt avec l’effet yo-yo. Pire encore : plus vous vous affamez, plus vous devez vous affamer pour maigrir un peu. Avec un risque bien réel de développer, à terme, des troubles du comportement alimentaire – compulsions, boulimies, etc. Comment sortir de ce sac de nœuds ? En restant à l’écoute de son corps : j’ai faim ? Je mange (des aliments sains et rassasiants). Je n’ai plus faim ? Je ne mange plus. Mais attention, reconnaître les signes de faim (à différencier de l’envie) et de satiété n’est pas évident pour tout le monde. Si vous avez du mal, établissez une échelle de 1 à 10 – 1 étant la faim qui donne mal au ventre et 10 étant l’état où vous avez tellement mangé que vous ne pourriez plus avaler une bouchée. Essayez de ne jamais descendre en dessous de 3 et de ne jamais monter au-dessus de 8. En principe, avec trois repas équilibrés et suffisamment rassasiants par jour, vous devriez rester dans les clous. Et si vraiment vous sentez que vous avez une relation à la nourriture compliquée, que vous n’arrivez pas à ressentir les sensations de faim ou de satiété n’hésitez pas à consulter un nutritionniste.

6 – Faire des mini repas

Il y a quelques années, certains spécialistes de la minceur avaient mis en avant un plan supposé infaillible pour maigrir : faire des minirepas. L’idée ? Maintenir le métabolisme de base à un certain niveau pour qu’il consomme un maximum de calories. Ainsi, en consommant de cinq à six minirepas par jour de 100 à 400 kilocalories, vos dépenses seraient supérieures à la même ration calorique sur trois repas. Deux études menée aux États-Unis ont remis en cause la théorie des minirepas. La première révèle que les personnes qui optent pour cette pratique auraient finalement plus faim dans la journée que celles qui ont les mêmes apports alimentaires sur trois repas. La seconde met en avant l’un des plus grands risques de la méthode : manger davantage. Six minirepas, cela ne signifie pas ajouter trois snacks aux trois repas que vous preniez habituellement. Pour que cela fonctionne, il faut réellement diviser les trois repas principaux en six minirepas. Ce qui implique d’être très organisé et de ne laisser aucune place à l’improvisation : chaque minirepas doit être pensé et composé de façon équilibrée. Plus simplement, vous pouvez si vous n’avez plus faim après votre plat, conserver votre dessert pour le goûter.