©iStock
©iStock

Vos fantasmes mis à nu

Dans les recoins de notre inconscient, chacun(e) s’imagine des scénarios sexuels plus ou moins improbables. Fruits de notre imagination débordante, nos fantasmes révèlent nos désirs les plus enfouis, et surtout les plus inavoués. Explications

Dans la vie, vous êtes plutôt missionnaire, confortablement lovée dans votre lit deux places. Mais dans votre tête, c’est le grand chamboulement. Un monde plus que to-rri-de! Le fantasme est aujourd’hui plus assumé chez les femmes qu’autrefois. D’ailleurs le sondage Ifop en dit long sur le rapport des Françaises à la littérature érotique et aux différents jeux sexuels, objets et expériences susceptibles d’attiser leur désir. Une enquête éloquente qui confirme l’attrait des femmes pour des jeux ou accessoires érotiques (sado-maso soft, sex-toys, notamment) longtemps attribués à un public connaisseur, amateur de sex-shops

Quelques chiffres

Ainsi, une femme sur quatre déclare avoir déjà reçu une fessée de son partenaire (24 %) contre 8 % en 1985. En revanche, la pratique de jeux érotiques de domination ou de soumission plus « hard », comme le bondage et le SM, reste toujours aussi marginale (5 % aujourd’hui, 3 % en 1985). Depuis une demi-douzaine d’années, l’usage des sex-toys s’est largement démocratisé. Plus d’une femme sur trois (38 %) admet en avoir déjà utilisé, contre 14 % en 2009 et 7 % en 2007. Pour mettre un peu de piment dans sa vie de couple, plus de 1 femme sur 2 (51 %) serait tentée de faire l’amour dans un lieu public (ascenseur, toilettes, parc…). La lecture de livres érotiques est une pratique désormais largement répandue : près de 6 femmes sur 10 (59 %) admettent en avoir déjà lu un au cours de leur vie, contre un peu plus de 1 sur 3 en 1970 (38 %).

Des femmes plus libérées qu’autrefois

Des résultats qui n’étonnent guère Philippe Brenot, psychiatre, thérapeute de couple et auteur des Femmes, le sexe et l’amour, aux éditions Les Arènes. « Les fantasmes évoluent en fonction des représentations érotiques », explique-t-il. L’interdit provoquerait donc le désir. Les fantasmes, conscients ou non, évolueraient en fonction des mutations de la société. Ce qui expliquerait d’ailleurs que les femmes d’aujourd’hui assument davantage leurs désirs et leurs fantasmes hors des sentiers battus. Elles ne font plus seulement l’amour pour se reproduire ou pour satisfaire leur conjoint, mais bien pour prendre du plaisir. Un plaisir totalement assumé. « Aujourd’hui, les femmes parlent librement d’intimité, entre elles ou même en couple, analyse Philippe Brenot. Il y a un siècle, les gens ne parlaient pas de sexualité. La libération est passée par les médias. Dans les années 70, écrire un article sur la sexualité était inimaginable. On pouvait parler de contraception. Et encore, c’était considéré comme obscène. C’est dans les années 80 que beaucoup de choses ont changé. La plupart des jeunes femmes prenaient la pilule. Les problèmes de fécondité étant résolus, elles pouvaient parler de sexualité. » Mais pourquoi fantasme-t-on ? « Le fantasme est une sorte de réservoir d’énergie libidinale. La plupart des fantasmes vont servir aux femmes pour la masturbation. Alors que l’homme utilise davantage la réalité visuelle, d’où le succès des films pornographiques », précise le thérapeute. Le fantasme serait donc plus utilisé par les femmes.

Alors, qu’est-ce qui fait fantasmer les Françaises ? 

« Il y a très peu d’études réalisées sur les fantasmes. À part quelques sondages. Mais on sait que l’un des grands classiques est celui du « viol » où la femme s’imagine être prise mais sans avoir mal et par le prince charmant, tout de même ! », remarque le psychiatre. Un fantasme à ne pas prendre au pied de la lettre, bien sûr. D’autant que dans ces scénarios imaginaires, tout est sous contrôle. Mais, selon Philippe Brenot, certains fantasmes se rattachant à l’activité érotique peuvent être réalisés sans problème. « Au départ, on disait qu’il ne fallait pas réaliser ses fantasmes, et puis on s’est rendu compte que cela n’enlevait rien aux couples. Si votre fantasme est de pratiquer la sodomie ou si vous voulez tester d’autres pratiques, pourquoi pas. Avec une seule règle, cependant : ne pas s’engager dans une pratique sexuelle qui gêne l’autre. » Ne reste plus qu’à faire fonctionner votre imagination !

Trois scénarios à réaliser pour pimenter votre vie sexuelle

Le fantasme : un excellent moyen de rebooster sa libido. Si tous les schémas ne sont pas à réaliser, d’autres peuvent repousser encore un peu plus les limites de vos propres désirs. Jeux de rôles, conversations coquines, lieux improbables ou massages sensuels : des idées à piquer à Marc Dannam, dans Osez… 52 scénarios de week-ends érotiques, aux éditions La Musardine.

  1. LE LIEN Passer toute une journée attachée à votre partenaire, au sens propre du terme, ça crée forcément des liens ! Attachés l’un à l’autre par une corde d’un mètre cinquante. Ce lien va devenir l’occasion de jeux divers. « La corde vous oblige à des rapprochements parfois violents si l’un d’entre vous tire sur la corde, ou à des enlacements très serrés si vous vous enroulez tous les deux avec elle », commente Marc Dannam.
  2.  LE COLORANT CULINAIRE Explorez le corps de votre partenaire tout en révélant vos talents artistiques. À l’aide de colorants alimentaires ou, à défaut, de peinture, on se badigeonne de toutes les couleurs et sur toutes les parties du corps. Vous pouvez aussi faire passer quelques messages : « Je veux que tu me mordilles les seins », par exemple. Et, bien sûr, Monsieur devra s’exécuter sur-le-champ !
  3. LA MAÎTRESSE D’ÉCOLE Le scénario : elle, d’apparence austère, est nue sous sa blouse. Lui : passe son examen oral en sciences naturelles. Le sujet du jour : l’anatomie, bien sûr. « Il doit adresser des compliments aux seins de Madame, décrire en termes choisis et poétiques la beauté de leur galbe, la rougeur charmante de leurs aréoles, la rigidité émouvante de leurs tétons, etc. », commente l’auteur. La position : l’homme est debout, au coin. La maîtresse le masturbe en lui caressant les fesses.