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Thermalisme ou thalassothérapie, jetez-vous à l’eau !

Profitez des vacances pour vous offrir une cure thermale ou une thalassothérapie. Minérale ou salée, purifiante ou relaxante, l’eau est un élément vital. Rien de tel pour se refaire une santé et faire le plein d’énergie

Thérapie vieille comme le monde, l’aquathérapie est un fabuleux partenaire pour se ressourcer. Ce n’est pas un hasard si les eaux thermales sont connues pour leurs vertus curatives depuis l’époque gallo-romaine, ou si les Grecs avaient recours aux bains de mer chauds pour soulager leurs maux. Lorsque nous sommes fatiguées, physiquement ou moralement, c’est souvent vers l’eau que nous nous tournons. Les psys y voient une sorte de régression, une réminiscence de l’existence intra-utérine… Ce qui est sûr, c’est que nous n’avons besoin d’aucun argument psychologique ou scientifique pour nous convaincre que l’hydrothérapie nous procure un bien fou et qu’elle est idéale contre la cellulite. Quelque 800 fois supérieure à celle de l’air, la pression de l’eau sur le corps donne des résultats étonnants : raffermit les fessiers, affine la taille, galbe les jambes, muscle le dos, aplatit le ventre… Entre les différents soins qui se succèdent tout au long de la journée, on se laisse porter. Nous n’avons plus rien à organiser ni même à penser. Reste la question existentielle au départ : thermalisme ou thalassothérapie ?

Des sources de montagnes…

Le thermalisme est avant tout connu comme un véritable soin médical dans une approche thérapeutique de maladies chroniques, telles que les affections rhumatismales ostéo- articulaires (arthrose, douleurs dans les régions lombaires ou cervicales, tendinite de l’épaule), dermatologiques (psoriasis cutané et dermatite atopique), respiratoires (rhino-sinusites, otite aiguë, asthme, broncho- pneumopathies), circulatoires (insuffisance veineuse, artérite), neurologiques (certaines formes de maladie de Parkinson), perte de poids… Si les bienfaits sont scientifiquement prouvés, « nous n’avons pas la prétention de guérir les maladies chroniques », explique le Professeur Christian- François Roques, président du conseil scientifique de l’Association française pour la recherche thermale (Afreth). « Nous soulageons les patients en stabilisant l’affection et en les aidant à vivre avec leur handicap ». L’Hexagone compte pas moins de 89 stations thermales en activité, qui utilisent les caractéristiques physiques et chimiques de chaque source à l’état naturel : quantité et nature des minéraux contenus sous forme ionique, pH, température. Situées en grande majorité dans les régions montagneuses, leur orientation thérapeutique correspond à chacune des eaux qui y jaillit. « Les eaux bicarbonatées jouent un grand rôle pour tout ce qui est d’ordre métabolique, en particulier le tube digestif, les voies urinaires ou d’ordre allergique. Les eaux soufrées seront choisies pour la rhumatologie, les maladies respiratoires et cutanées. On s’orientera vers les eaux salées pour la gynécologie, la phlébologie, les pathologies ostéo-articulaires et autres problèmes rhumatismaux. Les eaux sulfatées pour les rhumatismes et le tube digestif. Enfin, les eaux oligo-métalliques contenant beaucoup d’éléments minéraux agissent sur la rhumatologie, la dermatologie et les pathologies psychosomatiques ». Pour que l’organisme en soit bien imprégné, que les tissus lésés cicatrisent et puissent se protéger de nouvelles agressions, une cure thermale dure généralement dix-huit jours. Et peut être répétée sur plusieurs années. C’est votre médecin traitant qui vous la prescrit et vous conseille sur le lieu en fonction de vos faiblesses. Quant aux soins et à leur fréquence, c’est le médecin de la station qui décide. En médecine thermale, l’eau s’administre de deux manières. En les ingérant sous forme de boisson, nous les faisons entrer à l’intérieur du corps. En modifiant l’ensemble des réactions chimiques par lesquelles les cellules de l’organisme transforment et utilisent l’énergie, elles vont agir comme un médicament. « Selon leur composition, elles auront une action sur le métabolisme des lipides, des sucres, de l’acide urique, du calcium et du magnésium en particulier ». La cure externe, quant à elle, met en contact le produit thermal directement avec le tissu lésé. Ainsi, les humages de vapeur de gaz sont préconisés pour les problèmes de nez et de sinus. Les immersions du corps dans de l’eau minérale, les massages en la faisant couler, l’application de boue… ont une dimension pharmacologique. « Une peau réchauffée, des pores dilatés rendent l’épiderme perméable. Une grande partie du produit passe ». Un point commun avec la thalassothérapie.

…à la richesse des océans

Le terme de «thalassothérapie» vient du grec « thalassa », la mer, et « thérapia », le soin. Elle ne peut s’exercer qu’en bord de mer. Là, le climat du littoral, la qualité de l’air, les températures, l’hygrométrie… tout compte. Ainsi, la Manche est réputée pour son climat vivifiant, riche en iode et en oligo-éléments. Celui de l’Atlantique, connu pour son air tonique, est adapté pour les affections respiratoires. Enfin, l’air de la Méditerranée, plus doux, est conseillé aux organismes fatigués. La richesse minérale de l’eau de mer contient aussi des molécules actives. N’oublions pas qu’avec le plancton et les algues, la mer est un milieu vivant, contenant également tous les ions nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. Depuis les travaux de Quinton, l’identité physiologique entre l’eau de mer et nos liquides intérieurs (plasma, lymphe, liquide extra-cellulaire) a été établie. Quant à ceux de Dubarry et Guelfi, ont démontré la pénétration des ions marins à travers la barrière cutanée. La salinité est un des paramètres les plus importants de l’eau de mer et désigne la teneur en sels dissous. Raison suffisante pour comprendre pourquoi les centres vont la puiser au large, à environ 400 mètres du bord, afin d’en garantir la pureté. « L’eau doit être équivalente à celle du large, avec un écart maximum de salinité de 2 %. » Selon le Syndicat officiel de thalassothérapie en France, « ses qualités antibiotiques, antivirales et antibactériennes dépendent également de la température à laquelle elle est chauffée. Réchauffée entre 31 et 35 °C avant d’être utilisée, elle provoque la dilatation des pores de la peau et stimule notamment la circulation sanguine. La peau étant devenue perméable, les composés biologiques peuvent agir directement sur l’organisme. Ainsi, s’il est fatigué ou carencé, il captera les ions négatifs et se rechargera naturellement. L’activité de nos cellules s’en trouve favorisée, et c’est toute l’économie de l’organisme qui s’en trouve redressée ». Les hydrothérapeutes utilisent aussi les algues et les boues, véritables concentrés d’eau de mer aux vertus tonifiantes, reminéralisantes, hydratantes et détoxifiantes. Essences des cures, « les algues ont la faculté exceptionnelle de potentialiser la richesse en minéraux et oligo-éléments de la mer et d’en restituer parfois jusqu’à 100 000 fois plus les vertus ». Leur utilisation la plus courante est l’enveloppement du corps, mais elles peuvent aussi être exploitées dans un bain ou encore dans l’assiette. Consommées depuis des siècles en Asie, les algues sont aujourd’hui considérées comme le complément alimentaire du XXIe siècle. Quelques grammes d’algues en paillettes chaque jour suffisent pour compenser nos carences, nos anémies, la malnutrition, la sédentarité ou encore l’absence de lumière. Pauvres en graisse, presque toutes les variétés contiennent entre 7 % et 36 % de protéines en poids sec, dont la qualité se veut indéniablement meilleure que celle de la viande, du poisson et du soja. D’autres encore ont un taux en acides gras essentiels très nettement supérieur aux végétaux terrestres. Enfin, leur richesse en vitamines aide à renforcer nos défenses naturelles. En cataplasmes ou mêlée à l’eau de mer, la boue marine est un capteur de toxines qui purifie l’organisme en douceur. « Dosée à raison de 2 kilos pour 500 litres d’eau de mer, elle agit physiologiquement par sa plasticité et son pouvoir de rétention de l’eau et de la chaleur et, chimiquement, par le passage de certains de ses oligo-éléments à travers la peau. » Idéal pour régénérer l’organisme, retrouver la forme… Reconnue pour soulager les problèmes d’arthrose, de rhumatismes, vasculaires, la rééducation sportive … la thalassothérapie a aussi l’avantage de proposer des programmes ciblés : antitabac, antistress, jambes légères, minceur, maman- bébé… Comme en station thermale, la thalasso propose des soins à la carte le temps d’un week-end ou d’une semaine. À vous de choisir votre « bain santé » !

Qui paie ? 

  • Contrairement à la thalassothérapie, les cures thermales sont prises en charge par l’assurance maladie.
  • 65% des frais liés aux soins thermaux et 70% des soins médicaux sont remboursés.
  • Les 35% restants sont à la charge du patient, mais peuvent être versés par une mutuelle.
  • Les frais d’hébergement et de transport sont pris en charge partiellement par la Sécurité sociale sous conditions de ressources. À l’inverse, les cures à l’étranger ne sont, en principe, pas prises en charge.