© iStock
© iStock

Pourquoi ai-je mal au ventre ?

Les adeptes des sports d’endurance, et surtout de course à pied, peuvent avoir des petits problèmes intestinaux. Crampes abdominales, diarrhées… sont des maux relativement fréquents. Est-ce un problème d’entraînement, d’alimentation ou simplement mécanique ? Les vibrations créées lors de chaque réception au sol augmenteraient la vitesse de mon transit ? Explications avec le Dr Karine Herry, médecin généraliste et championne de trail

Ai-je attrapé froid pendant ma digestion ? 

Une fois que les vêtements sont trempés, même s’ils sont en Gore-Tex, on a vite froid au ventre et au dos. Les muscles se crispent, bloquant toute activité de digestion optimale. C’est pourquoi il est important de s’habiller intelligemment, de mettre des vêtements qui vous permettent de rester le plus longtemps possible en étant bien, et qui protègent l’estomac et l’intestin. Superposez les couches tout en gardant le bon équilibre entre l’évacuation de l’humidité et la conservation de la chaleur.

Je n’ai pas attendu assez longtemps entre mon dernier repas et ma séance ? 

D’une manière générale, on conseille d’attendre entre 2h30 et 3 heures. Cette recommandation peut être variable d’une personne à l’autre. En fait, chacune fait en fonction de son ressenti, de son expérience.

J’ai commis une erreur diététique ? 

Une alimentation déséquilibrée, trop riche, grasse ou trop acide à cause de produits laitiers, sucrés, du café, du thé… peut agresser le tube digestif et l’intestin. Les huiles de tournesol, arachide ou encore celles à base de mélange de quatre huiles favorisent ces phénomènes inflammatoires. Misez sur l’huile d’olive, de colza, ou mieux encore sur celles de caméline et de lin, riches en omégas 3. Préférez les sucres complexes et les céréales complètes aux farines blanches et aux sucres rapides.

J’ai bu trop de café ? 

On ne peut pas donner une quantité précise à consommer qui corresponde à tout le monde. Plusieurs paramètres entrent en compte : stress dans la vie de tous les jours, prise de traitement, pilule contraceptive, antibiotiques, antécédents de fragilité personnels et familiaux, ou encore intolérances alimentaires. À force, ces dernières peuvent se traduire par une hyperperméabilite intestinale. Résultat : on présente des anticorps aux protéines de blé, de lait.

Je me suis entraînée à trop forte intensité ? 

Un entraînement avec des séquences de fractionné va créer des vibrations et des spasmes digestifs plus importants qu’un footing tranquille. Par ailleurs, le corps fait appel au sang là où il en a besoin. Pendant les heures d’effort, l’irrigation sanguine de l’intestin diminue pour optimiser celle des organes, des membres fortement sollicités. Au tennis, l’afflux sanguin sera favorisé au niveau des jambes et des bras. Il n’y aurait plus que 10 % de l’irrigation du corps qui irait à l’intestin.

Clarisse Nénard