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Overtraining : gare aux excès

Forme de dépression qui se traduit par un sentiment de grande fatigue physique et morale, l’overtraining syndrome reste globalement méconnu du grand public. À quoi tient ce burn-out du sportif ? Comment l’éviter ? Cinq pistes pour vous mettre sur la voie

Eviter le surentraînement

Des femmes victimes de l’overtraining syndrome, Pierre Alain Courard, médecin du sport, en reçoit de temps en temps. « Généralement, elles consultent pour des états de fatigue anormalement prolongés. Mais rares sont celles qui se doutent réellement de ce qu’elles ont. »

Souvent mal connu des sportives, l’overtraining, aussi appelé « syndrome du surentraînement », est une forme de burn-out. À l’origine? Une recherche de la performance excessive. Une fréquence de compétition trop élevée. Une charge d’entraînement trop importante. « Les raisons sont nombreuses, explique le médecin et touchent surtout des individus qui gèrent mal l’alternance entre la pratique intensive d’un sport et les séances de récupération« . Or ces séances sont fondamentales. Surtout quand on pratique un sport au moins trois fois par semaines. « Le corps, soumis à rude épreuve, a besoin de se régénérer. Si ce n’est pas le cas, les courbatures prennent le pas et s’accompagnent d’une sensation de fatigue extrême. »

Identifier les symptômes

En vérité, les symptômes sont multiples et variables. Outre la fatigue physique et musculaire, ils perturbent le sommeil – insomnie ou hypersomnie – et la capacité de concentration. « Certaines fois, ils s’expriment de manière plus insidieuse, en affaiblissant le système immunitaire, ajoute le médecin ou en générant des troubles digestifs et des sautes d’humeur allant de l’irritabilité à l’agressivité « . Dans des situations encore plus extrêmes, ce syndrome peut entraîner une sécrétion inappropriée d’hormones et dérégler le système endocrinien: diabète, hyper ou hypothyroïdie, insuffisance surrénale. Quoi qu’il en soit, tous ces symptômes peuvent être cumulables. « S’ils ne sont pas traités rapidement, ils peuvent persister pendant des semaines, voir des mois, et vous entraîner dans une spirale dépressive plus ou moins lourde« , souligne le coach Gwenael le Gaëllec.

Opter pour le repos

Une fois le syndrome d’overtraining diagnostiqué, le seul remède qu’il existe est le repos. Un repos absolu. Physique et mental. « Il est impératif de stopper toute activité sportive« , note Pierre Alain Courard. « Et pour celles qui avaient l’habitude d’aller sur des forums pour discuter entre copines de leur performance, il est essentiel de faire un break« . Plus le syndrome d’overtraining est sévère et plus la période de repos doit être longue. « Généralement, prévient Gwenael le Gaëllec, on part du principe que pour un surentraînement d’un mois, il faut une semaine complète de repos. Donc, si le surentraînement a eu lieu sur une période de six mois par exemple, le repos total doit être de 6 semaines. »

Et une fois ce délai passé ? Il est possible de reprendre le sport mais de manière progressive.

(Re) définir son quota de travail

En outre, il est toujours très important de bien définir son quota de travail. « Ce quota varie d’une personne à l’autre en fonction de la santé, de l’âge, de la physionomie et de l’état de forme global« , remarque Pierre Alain Courard. Il faut néanmoins garder à l’esprit que si on pratique un sport trois à quatre fois par semaine, il est important de prévoir deux vraies semaines de repos par trimestres. Sans quoi, le corps éprouvera des difficultés à éliminer la charge de fatigue accumulée.

Avoir le bon apport énergétique

Parallèlement, une nutrition suffisamment abondante et de qualité est nécessaire. Optez trois fois par semaine au moins pour des aliments riches en glucides complexes – céréales, pâtes, riz, pommes de terre – et en glucides simples – fruits et jus de fruits –, qui fournissent de l’énergie à l’organisme et permettent d’éviter une hypoglycémie transitoire après un entraînement long et intense.

« Les épinards, le tofu, les haricots blancs, les graines de sésame… représentent également un vrai rempart contre l’installation durable des symptômes de l’overtraining. En plus de posséder une haute teneur en fer, ces aliments ont la particularité de renouveler rapidement les tissus musculaires et les transporteurs d’oxygène comme les hémoglobines« , ajoute le docteur. Enfin, outre le fer et les glucides, il est fondamental de bien s’alimenter en glutamine. On retrouve cet acide aminé dans les viandes rouges et blanches, les poissons et les fruits de mer, ainsi que les produits laitiers. « Les glutamines renforcent le système immunitaire« , termine Gwenael le Gaëllec.

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