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Les intolérances alimentaires, curseur de ma vitalité ?

Prises de poids localisées, perte d’énergie, fatigue musculaire, troubles de la digestion… Et si tous nos petits maux étaient liés à ce que nous avons du mal à digérer ? Questions de Forme a demandé au Dr Michel Lallement, cancérologue et spécialiste des intolérances alimentaires, de faire le point sur la question

Qu’est-ce qu’une intolérance alimentaire ?

Dr Michel Lallement : Il n’y a pas définition médicale stricte, les intolérances alimentaires ne sont pas reconnues comme une véritable pathologie. Toutefois, il est possible d’en donner une définition clinique. Lorsqu’un aliment provoque des symptômes gênants et que l’arrêt de la consommation permet de supprimer ou de soulager les symptômes, alors on peut parler d’intolérance alimentaire.

Quelle différence avec une allergie ?

Les allergies provoquent une réaction immunitaire violente et immédiate. Pour les intolérances, les réactions pathologiques sont plus lentes et plus sournoises. L’allergie peut être violente et grave dès la mise en contact avec l’allergène, ce qui incite à la prudence. Les intolérances sont liées à la dose ingérée et sont d’autant plus toxiques qu’elles passent inaperçues.

Que se passe-t-il sur le plan biologique ?

Au contact de certains aliments, l’organisme va créer des anticorps. Les principaux aliments en cause sont le lait et le blé. Ils représentent une très grande part de notre alimentation en Europe et son toxiques pour l’organisme lorsqu’ils pénètrent dans l’organisme, du fait d’une « porosité » intestinale. L’alimentation santé consiste à éviter autant que possible l’alimentation industrialisée, les produits raffinés, transformés, conservés. L’excès de sucre est la principale cause d’acidité intestinale et les graisses saturées, surtout animales, favorisent l’inflammation.

Qu’est-ce que la perméabilité intestinale ?

Il n’y a pas d’intolérance s’il n’y a pas de porosité. Pour moi, le plus important, c’est la perméabilité intestinale.Les substances toxiques passent la barrière intestinale, vont se déverser dans le sang et intoxiquer l’organisme. C’est la flore qui détermine les variations de poids (obésité ou maigreur), qui va dérégler les hormones, comme l’insuline, et causer des soucis de santé.

Pourquoi faut-il éviter les aliments industriels ?

Parce qu’ils sont trop riches en « mauvais sucres » et en « mauvaises graisses » et que cela vient agresser et modifier notre flore intestinale. Les graisses d’origines animales, comme les farines blanches et raffinées, sont acides. Elles déséquilibrent le terrain qui doit avoir une dominante basique apportée par les fruits et les légumes afin d’éviter la perméabilité intestinale. Or une flore intestinale déséquilibrée et acide permet le développement de mycoses, de candidoses et agit sur la flore intestinale.

Le sport joue-t-il un grand rôle dans la détoxification ?

Absolument. Le sport est un moyen de mobiliser les toxines qui sont dans les graisses et, grâce à la transpiration, elles vont être évacuées de l’organisme. Il est par exemple prouvé par des méta-analyses (synthèses de nombreuses études) que l’activité physique régulière fait diminuer de 30 % en moyenne le risque de développer un cancer.

Le taï-chi, le yoga sont également très efficaces ?

Oui car, à côté de l’alimentation, le stress fragilise aussi la paroi intestinale. Il induit de plus un stockage de gaz carbonique, qui va acidifier l’organisme et modifier la flore. Les activités physiques faisant intervenir la respiration, qui apprennent à bien respirer sont donc une excellente façon de mieux maîtriser le terrain intestinal.

Le sport est donc aussi un bon médiateur des émotions ?

En effet, le lien entre émotions toxiques et problèmes intestinaux n’est plus à établir. Cela passe par les neuromédiateurs : le système nerveux influence tous les organes, l’intestin est un organe cible de nos émotions, comme la peau – avec les rougeurs du visage, par exemple.

À part l’alimentation, qu’est-ce qui fragilise notre flore ?

Certaines substances toxiques : alcool, médicaments, anti-inflammatoires et les métaux toxiques contenus par exemple dans les amalgames dentaires, déodorants, cosmétiques, dentifrices, additifs alimentaires.

La génétique est-elle moins importante que les habitudes alimentaires ?

Les gènes ne sont que des points faibles. Si les conditions de vie sont bonnes, les gènes malades ne vont pas s’exprimer. Ce qui est génétiquement plus important, ce sont donc les gènes de détoxication, qui sont plus ou moins efficaces.

Il faut conseiller aux personnes qui détoxifient mal de faire plus de sport ?

Oui, une activité physique plus régulière et modérée. Les activités intenses produisent des réactions toxiques (appelées « stress oxydant »). Il est aussi possible d’aider le foie à détoxifier.