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Changer de job pour changer de vie

Quitter son job, repartir de zéro, s’expatrier… Pourquoi pas ! Vous souhaitez évoluer, corriger un plan de carrière ou une mauvaise orientation ? La vie peut être belle, pourvu que l’on s’en donne les moyens ! Tour d’horizon des pistes à privilégier et des pièges à éviter pour un quotidien qui vous correspond vraiment

La motivation, moteur de la décision 

La reconversion professionnelle est une démarche qui vous permettra de changer de métier ou de statut, en passant, par exemple, de salariée à entrepreneuse, ou vice-versa d’ailleurs, même si ces cas sont un peu plus rares. Mais pourquoi changer, tout à coup ? Plusieurs raisons peuvent déclencher cette envie subite.

Un choix personnel

Après plusieurs années passées dans un métier qui ne vous convient plus, vous souhaitez tout simplement tenter d’autres directions, ou peut-être réaliser votre rêve de petite fille. Il n’est pas rare qu’après plusieurs années en poste, après avoir pris un peu d’assurance dans la vie professionnelle et privée, on souhaite s’orienter vers un domaine auquel on n’aurait pas osé penser pendant nos études. Il faut dire que nos chers parents, pétris de bonnes intentions, avaient d’autres plans pour nous : sécurité maximum, risques minimums ! Et l’épanouissement personnel, alors ?

Des raisons économiques

Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence, les systèmes des pays nordiques, où la reconversion professionnelle fait partie intégrante de la vie d’un(e) salarié(e), vont devenir de plus en plus un modèle à suivre. Si l’on ne trouve pas de travail dans une branche, on se forme pour en trouver un dans un secteur qui embauche. Par exemple, au Danemark, on peut tout à fait exercer plusieurs métiers très différents tout au long de sa vie pour coller au mieux aux réalités du marché de l’emploi.

Des raisons physiques

C’est un point rarement abordé et pourtant essentiel en cas de reconversion professionnelle. Lorsqu’apparaissent, par exemple, des allergies, des problèmes de santé en raison de stations debout prolongées, il est souhaitable d’envisager une formation pour trouver un emploi plus compatible. Par exemple, les coiffeuses peuvent développer des allergies aux shampoings. Dans ces cas-là, la reconversion est d’autant plus difficile moralement qu’elle est subie et non voulue.

Un bilan avant le grand changement 

Au fond de vous, vous le savez déjà… Vous avez toujours souhaité être soigneuse d’animaux exotiques alors que vous êtes comptable, ou professeur de yoga alors que vous êtes ingénieur en BTP. Il faut tout d’abord commencer par effectuer un bilan personnel psychologique qui vous aidera à voir plus clair dans vos motivations profondes. Prenez une feuille de papier et notez tous vos atouts, vos compétences exactes et vos aspirations de façon claire et précise. N’en restez pas seulement à votre vie professionnelle et envisagez également l’aspect personnel pour valoriser vos qualités intrinsèques : sens de l’écoute, rigueur, réactivité, etc. Si vous êtes à la recherche d’un emploi, un conseiller du Pôle Emploi pourra, le cas échéant, vous orienter vers un professionnel. Si vous êtes salariée, vous pouvez tout à fait bénéficier de ce bilan professionnel. Il est même très encadré par la loi de 1991 et financé en partie ou intégralement par les organismes paritaires comme l’OPCA, l’OPACIF ou le FONGECIF ou dans le cadre du plan de formation de l’entreprise.

Évitez les erreurs, jouez les exploratrices ! 

Après avoir trouvé vos trésors intérieurs, il faut également effectuer un état des lieux de l’environnement socioéconomique qui vous attire plus. Si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté, n’oubliez pas d’être pragmatique. Une étude de marché, même « amateur », vous aidera à trouver les financements pour une formation ou de l’équipement si vous envisagez une activité qui nécessiterait des locaux ou du matériel spécifique, comme pour l’ouverture d’un restaurant. Faites une liste de ce qui existe en termes de secteurs d’activité, de métiers et d’entreprises sur la zone géographique où vous envisagez de travailler. Pour vous aider dans votre démarche, n’hésitez pas à vous rapprocher des chambres de commerce et d’industrie de votre département et des conseils régionaux qui tiennent des fichiers à jour et qui regorgent d’informations trop souvent sous-exploitées par les créateurs d’entreprise ou les autoentrepreneurs. Ces fichiers sont parfois payants, mais vous pouvez obtenir un ciblage précis, ce qui vous permettra de travailler vite et bien.

Après la réflexion, l’action ! 

Ça y est, votre décision est prise, vous avez évalué vos chances de réussite, vous avez analysé le marché, vous êtes prête à vous lancer. Il faut alors définir un véritable plan d’action pour éviter de vous perdre dans les méandres de la formation. Mais, avant, il convient de se poser toutes les bonnes questions pour être sûre de ne rien oublier : avez-vous réellement besoin d’une formation ? Quels organismes peuvent vous aider ? Qu’attendez-vous exactement d’eux ? Des financements ? Des conseils ? Si vous envisagez un changement de région, pensez à tout envisager. Les conséquences ne sont pas les mêmes lorsque l’on a une famille à charge. Partir à la campagne respirer le bon air, pourquoi pas ? Il faut néanmoins savoir que les crèches sont souvent plus rares qu’en ville, et que les nounous ne poussent pas comme les champignons. De plus, l’éloignement géographique peut jouer sur le moral. Loin de son entourage proche, sans soutien moral, la situation peut se révéler anxiogène. S’il s’agit d’une création d’entreprise, avez-vous bien évalué la rentabilité à court, mais aussi à moyen terme ? Pour un premier projet, est-ce raisonnable de se lancer en solo ? N’hésitez pas pour cela à consulter les organismes locaux et régionaux qui regorgent d’informations utiles. Dans certains cas, une rapide enquête suffira pour vous donner quelques indices : par exemple, si un restaurant a déposé le bilan il y a peu de temps à côté de la zone où vous souhaitez ouvrir le vôtre, il est indispensable d’en connaître les raisons avant de vous lancer à votre tour dans l’aventure. En cas de création d’entreprise, entourez-vous des compétences qui vous font défaut : un comptable ou un conseiller juridique qui connaissent les tenants et les aboutissants de ce type de montage. Certaines zones géographiques bénéficient d’aides pour l’ouverture d’entreprises avec allégement des charges, par exemple. N’oubliez pas de faire le point sur ces questions pour estimer votre premier budget. Enfin, si vous êtes en couple et que vous avez des contraintes familiales, veillez à consulter un notaire ou un comptable lors de la création de votre activité. Leur rôle sera de vous indiquer les meilleurs moyens de mettre vos proches à l’abri (séparation de patrimoine professionnel et personnel, etc.).

Reconversion rime aussi avec anticipation !

La reconversion n’est pas forcément un long fleuve tranquille. Plus vous anticiperez les difficultés, plus facilement vous les dépasserez. Pour cela, acceptez d’abord l’idée d’aller à votre rythme. Certaines personnes sont impatientes et veulent tout, tout de suite, alors que le rythme de l’administration n’est pas toujours celui d’une formule 1! D’autres souhaitent prendre leur temps, ce qui leur facilitera davantage certaines démarches. Mais, dans tous les cas, n’hésitez pas à faire un plan d’action, une sorte de rétroplanning pour définir les étapes clés du changement. Cela vous permettra également de vous projeter de façon concrète dans l’avenir et d’organiser votre future vie au fur et à mesure.

Apprenez à vous vendre 

Vous allez devenir votre propre conseillère d’orientation, votre propre consultante en recrutement et en marketing. Pour pouvoir trouver les financements nécessaires à votre projet, il va falloir apprendre à vous vendre auprès des différents interlocuteurs que vous rencontrerez, comme des recruteurs, des banquiers, des investisseurs. Quel que soit votre poste actuel, usez de votre réseau professionnel. Ne négligez surtout pas le réseau personnel qui peut vous être très utile. Il suffit parfois d’un coup de fil à un proche qui recherche une personne possédant vos compétences pour qu’une situation bloquée sorte de l’impasse. Pour trouver un job, il faut réécrire entièrement votre CV, de façon à faire ressortir dans votre parcours tout ce qui peut expliquer cette volonté de changement. Valorisez votre expérience personnelle. Comme pour un recrutement classique, la lettre de motivation fait partie des « classiques ». N’allez pas croire que cet exercice soit inutile ! Il faudra convaincre, que ce soit à l’oral ou l’écrit. Prendre le temps de bien rédiger ce document permettra de mettre vos idées au clair, de façon ordonnée et forcément plus convaincante. Si vous avez bien respecté l’ordre de ce plan de conseil, vous arriverez devant vos interlocuteurs en connaissant votre sujet et, surtout, en vous connaissant vous-même.

Facebook, cet ami qui ne vous veut pas que du bien…

Aujourd’hui, les DRH scrutent votre présence sur la toile. Ces derniers tapent votre nom sur les moteurs de recherche et, grâce aux agrégateurs de contenus, accèdent à de nombreuses informations vous concernant. Par conséquent, respectez les règles suivantes : ne divulguez pas de photos déplacées sur votre profil (fête arrosée, postures aguicheuses, etc.) ; ne publiez pas de propos injurieux à propos de votre ancien patron ; paramétrez strictement vos réglages personnels afin qu’aucune information autre que l’âge et le sexe ne soit accessible à des inconnus ; ne donnez pas votre avis sur des faits de nature politique ou religieuse que vous n’assumeriez pas publiquement. Facebook est une place publique, pas privée !

Le financement c’est maintenant !

C’est souvent cette partie de l’aventure qui bloque les personnes, alors que plusieurs dispositifs existent. Ils diffèrent selon le cas de figure. Tout d’abord, si vous êtes salariée et que vous choisissez une formation courte, vous pouvez avoir recours à un DIF (Droit individuel à la formation). Si vous l’envisagez longue, vous pouvez faire une demande de CIF (congé individuel de formation), qui vous permet de toucher de 80 à 100 % de votre salaire tout le temps que durera votre absence. Si vous créez votre entreprise, renseignez-vous auprès de la région, dont l’une des missions est de favoriser l’attractivité économique du territoire. Elle dispense différents types d’aides : financières, pour l’implantation et l’embauche ; matérielles, via des locaux ; à l’accompagnement, par des professionnels ; sans oublier les pépinières d’entreprises… Enfin, dans le cas où vous êtes à la recherche d’un emploi, Pôle Emploi pourra vous orienter dans vos démarches. Cela ne doit pas entamer votre démarche « proactive » et vous ne devez pas attendre que l’on vienne toujours vers vous. C’est vous qui souhaitez le changement ! « Changer la vie » : l’ambition du poète Arthur Rimbaud est à votre portée. D’autres y sont parvenues. Elles n’étaient probablement ni plus fortes ni plus douées que vous. Rassemblez les pièces du puzzle avant de foncer et assurez-vous que seul votre job pose problème dans votre vie. Si les failles sont plus profondes, un changement de décor ne suffira sans doute pas. Maintenant, à vous de jouer !