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Bien gérer 10 situations embarrassantes au bureau

Un collègue se montre hypercollant, votre boss n’est pas très réglo, votre voisine de bureau est une vraie pipelette et vous ne savez pas comment vous en sortir ? Hélène Vecchiali, directrice de DH Conseil, a répondu à nos questions et vous donne de bons conseils pour vous tirer de ces mauvais pas !

« Mon boss s’attribue mes idées »

Comment gérer ? « Surtout, ne jamais mettre son patron en porte-à-faux », conseille Hélène Vecchiali, directrice de DH Conseil, une agence qui délivre formations et conseils en communication dans le monde de l’entreprise. « Deux choses : si c’est l’idée du siècle, profitez de l’intervention en réunion de votre supérieur pour montrer que vous êtes à l’origine de cette bonne idée, ajoutez des éléments qui montrent bien comment vous l’avez eue, quels liens vous y ont amenée. Si l’idée est plus anodine, la prochaine fois, restez sur vos gardes en envoyant un e-mail (pour garder une trace, ndlr) et, surtout, annoncez vous-même l’idée devant des témoins. » C’est une façon de faire reconnaître son travail, sans adopter d’attitude accusatrice vis-à-vis de son patron, ce qui ne ferait que le braquer.

« Mon patron m’appelle ‘ma petite chérie' »

Comment gérer ? Commencez avec une pointe d’humour, en évoquant votre amoureux, par exemple. « Je ne suis pas sûre qu’il serait très content d’entendre ça ! », pouvez- vous lancer, d’un ton badin. Encore une fois, n’attaquez pas directement votre boss. « Rebondir sur le surnom permet trois choses : d’abord de montrer que l’on a pris conscience que cela débordait du cadre professionnel ; ensuite, que l’on n’est pas d’accord avec ce petit surnom ; enfin, que l’on a quelqu’un dans sa vie – même si ce n’est pas vrai. » Si, malgré ce trait d’humour, le patron continue à vous appeler « mon canard » ou « mon petit », Hélène Vecchiali estime qu’il faut « essayer de trouver des témoins et avancer que les rumeurs ou les interrogations des collègues vous mettent mal à l’aise, même si ce n’est pas nécessairement méchant de sa part. »

« Un collègue pas très compétent me demande de le recommander pour un emploi »

Comment gérer ? Si l’on vous demande une lettre de recommandation, c’est probablement que vous êtes en position managériale. Dans ce cas, « si vous êtes un bon manager, on a déjà dû vous parler de soucis avec cet employé ; il faut alors jouer franc jeu et dire “Désolée, je ne peux pas te recommander, sachant les soucis qu’on a déjà eus dans le travail.” Mais si rien ne vous a été signalé, il faut lui dire carrément que ce n’est pas possible pour des raisons claires ou, si vous manquez de courage, vous débrouiller pour écrire une lettre passe-partout, mettant par exemple davantage l’accent sur sa gentillesse que sur ses compétences strictes. » Le mieux étant, bien sûr, de dire la vérité au maximum. « Mais si vous êtes coincée, c’est que vous êtes un manager qui a du mal à manager », conclut Hélène Vecchiali. Dans ce cas, remettez- vous aussi en question !

« J’ai des soupçons de malhonnêteté sur un de mes collègues »

Comment gérer ? « La première des choses à faire, c’est de récolter des preuves ! », affirme Hélène Vecchiali. Pas question d’accuser à tort et à travers. Tout dépend ensuite du degré de malhonnêteté. Entre un bloc de post-it dérobé dans la réserve et des conflits d’intérêts avérés, il y a un monde… D’abord, la coach conseille « d’aller voir l’intéressé » et de lui dire : « J’ai des éléments sur toi, comment faire pour améliorer les choses ? » Il faut être claire en lui disant que vous ne pouvez pas laisser passer de telles choses. Si le problème prend de l’ampleur, il faut alors envisager « d’aller voir le manager ou la DRH, dont c’est aussi le rôle de régler les conflits en interne, et de veiller au respect des valeurs ». Attention cependant : si votre boss mouille dans l’affaire, vous pourriez payer les pots cassés pour avoir voulu être trop honnête.

« Mon boss râle dès que je demande un jour de repos » 

Comment gérer ? Vous demandez un jour de RTT ou un jour de repos, et c’est un drame au bureau ? « Essayez de la jouer fine. Demandez par exemple à quel moment il serait possible de prendre un congé sans que ça pose de souci pour l’entreprise », propose Hélène Vecchiali. « Si votre patron refuse systématiquement, l’essentiel est d’avoir des dates précises en tête : vous ne devez pas vous contenter de généralités, mais expliquer concrètement : “En avril, ça n’était pas possible, puis en septembre non plus. Comment pourrions- nous faire ? » Ainsi, vous gagnez en crédibilité ; car si vous n’avez pas d’exemples précis à donner, il sera facile à votre patron de vous contredire ou d’affirmer que c’est faux, vos efforts ne donneront rien et vous repartirez sans aucune avancée. Prouvez par ailleurs que vous avez pensé à tout pendant votre absence et que la somme de travail sera bien rattrapée ou répartie autrement.

« Ma collègue partage toute sa vie privée ! »

Comment gérer ? Essayer de faire passer le message par des blagues ne suffit pas ? Alors vous devez fixer des limites et la pousser à comprendre que vous n’êtes pas travailleuse sociale. Quand votre collègue se plaint de son mariage ou vous donne tous les détails sur ses problèmes de santé, « coupez la conversation en disant : “Désolée, j’ai vraiment beaucoup de travail, je ne peux pas te parler maintenant », conseille Hélène Vecchiali. Être occupée est souvent suffisant pour faire passer l’allusion. «Vous pouvez sinon proposer d’en rediscuter à la pause parce que vous êtes un peu gênée de parler de vie privée pendant les heures de travail». Dans tous les cas, «n’attendez pas pour évoquer le malaise, sinon vous risquez d’avoir une réaction violente et d’être responsable de ne pas avoir eu le courage d’en parler plus tôt. » Hélène Vecchiali nuance cependant : exiger des autres de ne pas du tout parler de sa vie au travail est tyrannique ! C’est seulement quand un comportement devient pesant qu’il faut réagir.

« Mon collègue me pousse à parler dans le dos des gens »

Comment gérer ? Vous avez appris, petite, que parler de quelqu’un dans son dos, c’est mal. Mais il est parfois dur de résister, spécialement en cas d’une envie irrésistible de papoter… C’est vrai que raconter des ragots rend proches des gens, créé du lien. Mais ils peuvent aussi blesser les autres et ralentir votre carrière, parce que vos supérieurs auront moins confiance en vous. «Vous pouvez clairement dire que parler sur vos collègues ne vous intéresse pas, que vous n’en avez pas envie. Il faut affirmer vos valeurs au sein de l’entreprise », affirme Hélène Vecchiali. De cette façon, vous construirez vos amitiés sans ruiner la réputation de qui que ce soit.

« Mes collègues avec enfants ont des privilèges »

Comment gérer ? Question compliquée… Des tensions peuvent éclater quand les employés sans enfant sont constamment sollicités pour assurer les absences des parents qui ne peuvent pas rester tard ou travailler le week-end. « Au travail, tout le monde a les mêmes droits, reconnaît Hélène Vecchiali. Mais les parents ont plus de responsabilités et des engagements plus importants que les célibataires », nuance- t-elle cependant. À ses yeux, un peu de solidarité ne fait pas de mal, surtout qu’il y a des risques que ceux qui se plaignent d’un léger favoritisme deviennent aussi parents un jour. « On passe énormément de temps au travail ; aussi, mettre en place de la solidarité entre collègues est essentiel. » Pour autant, cela n’empêche pas d’imposer un départ tôt, pour une fois, quand un événement important est prévu dans votre planning… Enfants ou non !

« Je ne suis pas assistante, mais ma boss me demande d’aller chercher sin déjeuner ou ses habits au pressing »

Comment gérer ? D’abord, jouez la carte de la délicatesse : « Désolée, je ne peux pas y aller, j’ai du travail, je dois le finir. » Mais si la pirouette n’est pas comprise par l’intéressée, essayez de glisser : « OK, mais demain, c’est toi qui te charges des sandwiches ? », propose Hélène Vecchiali. Reste que, quand l’humour ne passe pas, seul un discours clair peut aider à mettre les choses au point : « Je suis un peu étonnée que tu me demandes ça. La première fois, je l’ai fait pour t’aider, mais je ne crois pas que ce soit mon rôle. » Pour ne pas vous mettre votre collègue à dos, proposez- lui de l’aider à trouver quelqu’un pour lui rendre ces services, comme un stagiaire, de façon qu’il (ou elle) se sente quand même pris(e) en compte.

« Mon boss m’a ajoutée sur Facebook »

«Vous devez être claire tout de suite », relève Hélène Vecchiali. Il faut séparer les choses, le terrain professionnel et le terrain personnel. «Il y a un temps pour l’amitié et un autre pour le travail. Il suffit d’expliquer sincèrement le problème. Faire des mélanges peut s’avérer compliqué. » Mais si votre activité nécessite d’être constamment connectée  aux réseaux sociaux, dans le domaine des relations publiques, par exemple, ça ne signifie pas pour autant que votre boss doive être mis au courant de la moindre réactualisation. Aussi, pensez à mettre des restrictions dans ce qu’il peut voir ou non ! Si vous n’aimez pas l’idée de mélanger vie pro et vie perso, ignorez la demande, à moins que votre boss vous relance. Dites-lui alors que vous réservez Facebook pour vos amis et votre famille, mais que vous seriez ravie de vous connectez avec lui/elle sur LinkedIn.