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Apprenez à souffler

Mieux respirer, c’est vivre mieux, tout simplement. Chaque jour, nous inspirons et expirons 24 000 fois, sans franchement nous en rendre compte. À bien des égards, le souffle rythme notre quotidien et surtout nos émotions : on a le souffle coupé, le souffle court, on retient son souffle… La coach Julie Ferrez nous dit tout sur le b. a.-ba de la respirologie

Lier le corps et l’esprit 

Les yogis l’ont bien compris : depuis des millénaires, la maîtrise de la respiration amène la paix intérieure et la stabilité émotionnelle. Ils l’appellent le « pranayama », une « discipline du souffle » dans laquelle ils vibrent sur la même longueur d’onde que le divin. En yoga, la respiration est aussi importante que la posture. La première permet d’installer et la seconde de faire circuler les énergies. Or, en fonction de la posture, on active tel ou tel centre d’énergie – les fameux chakras. Selon les hindous, il existe sept « chakras » (« roues », en sanskrit) principaux, tous situés le long d’une ligne qui suivrait le trajet de la colonne vertébrale : chakra du cœur, du plexus solaire, etc. La respiration permet de faire tourner les chakras (les roues, donc) et de lier le corps et l’esprit.

Bien respirer, une question de posture

Selon les spécialistes, on gagnerait à réapprendre à bien respirer. En effet, une mauvaise respiration entraîne digestion difficile, rythme cardiaque accéléré, sommeil de mauvaise qualité, maux de tête (puisque l’oxygène est moins bien acheminé vers le cerveau), plus grande nervosité, système immunitaire et concentration en berne… Il faut savoir qu’on utilise seulement 70 % de nos poumons. Cela est souvent dû à une mauvaise posture, qui écrase le diaphragme. Ce muscle, très important pour les échanges d’air, reste trop souvent contracté vers le bas. Cela engendre des spasmes et donc, un stress qui reste. Or bien respirer permet une économie énergétique, musculaire et cardiaque ; on ressent moins de fatigue et on récupère mieux après l’effort.

3 exercices qui inspirent 

Je cadre mes angoisses : La respiration ventrale

Allongée sur le dos, bras tendus le long du corps, pointes de pied relâchées, paumes vers le ciel. Fermez les yeux, inspirez par le nez, laissez gonfler le ventre, puis expirez par la bouche, lentement.

Point important : focalisez-vous sur votre respiration pendant une dizaine de répétitions. Concentrez-vous sur le moment présent et tentez de sentir le flux de cette colonne d’air tiède, qui va et vient.

Ce que j’y gagne : les angoisses diminuent, car vous vous décentrez de vos problématiques. Vous les oubliez l’espace d’un instant pour être pleinement ici et maintenant.

Je gère mon stress : La cohérence cardiaque

Recommandée par les cardiologues, cette technique permet d’empêcher le stress d’atteindre le cœur. Assise, lancez un chrono pour 3 minutes, puis inspirez par le nez et expirez par la bouche, en comptant vos respirations. À terme, vous devriez arriver à 20 respirations au bout des 3 minutes.

Point important : ne forcez pas, ne cherchez pas à faire durer l’expiration ou l’inspiration, respirez naturellement.

Ce que j’y gagne : une barrière antistress. Au bout de trois semaines de pratique, vous constaterez deux choses : les pics de stress seront moins nombreux et moins intenses.

Je calme ma colère : Kapalabhati

Cela signifie « l’esprit clair », en sanskrit. Assise en position de lotus ou demi-lotus, voire en tailleur. Inspirez et expirez par le nez. Débutantes, répétez cet exercice respiratoire 3 fois 30 secondes, puis augmentez jusqu’à 3, voire 5 minutes.

Point important : forcez uniquement les expirations (on doit vous entendre !) et rentrez le ventre en même temps. Trouvez un rythme cadencé.

Ce que j’y gagne : une concentration accrue, une meilleure gestion des émotions. L’esprit s’apaise, la colère se calme, on dompte les « chevaux indisciplinés du mental », comme disent les sages.

Charles Brumauld des Houlières