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Accepter son corps au fil du temps

Comment vivre les changements de mon corps au fil du temps ? Les chamboulements hormonaux, les fluctuations pondérales, les métamorphoses liées aux grossesses ou simplement le temps qui passe. Comment accepter le changement ?

Du corps réel au corps rêvé

Certaines femmes ont immédiatement un souci entre le corps qu’elles ont et celui qu’elles voudraient avoir, elles entrent dans leur vie de femme mal dans un corps qu’elles souhaiteraient autre. Cette période de la vie étant souvent synonyme de fragilité, il peut arriver que les jeunes femmes rejettent leur corps, jusqu’à le mettre en danger. Elles peuvent en arriver à lui faire du mal en s’alimentant mal ou trop, en n’y faisant pas attention, en le niant. Elles peuvent simplement mettre plus de temps pour accepter ce nouveau corps ou ne jamais se l’approprier. Pour la gynécologue-obstétricienne Nicole Japhet, l’affirmation de soi peut aller très loin chez les femmes soumises à de nombreuses modifications hormonales : « elles peuvent faire preuve de conduites physiques dangereuses afin de s’affirmer ».

Du corps idéal au corps transformé

Heureusement, le plus souvent, les adolescentes s’acceptent et revendiquent leur individualité par le biais de leur féminité. La relation naissante au corps se fait peu à peu avec épanouissement. Elles sont fermes, jeunes, musclées et fières d’exhiber ce corps encore si frais. C’est le cas de Gina, 26 ans, qui a toujours aimé son corps mince et fuselé : « Je me suis toujours regardée avec une certaine fierté parce que les regards posés sur mon corps étaient positifs et admiratifs. » Pour Gina, l’image du corps est en adéquation avec l’image rêvée, surtout s’il est entretenu. Pourtant, au fil du temps, rares sont celles qui échappent à la petite culotte de cheval, à la cellulite naissante, à la sangle abdominale manquant de fermeté.

Du corps réel au corps repulpé

Certaines femmes vont se focaliser sur leur corps comme instrument de leur bien-être. Elles vont le plus souvent l’entretenir, parfois même avec assiduité, elles vont faire du sport afin de conserver leur ligne, leurs formes et leur galbe. D’autres n’hésiteront pas à avoir recours à la chirurgie esthétique pour aider la nature. Céline et Victoire en sont les illustrations. La première va faire du sport presque tous les soirs pour de se maintenir ; Victoire, elle, a préféré avoir recours à la chirurgie, liposuccion et implants mammaires afin de ne pas avoir à faire tous ces efforts.

Du regard de l’autre au regard sur soi

Mais que se joue-t-il dans ce regard que l’on pose sur soi, quels sont les intrus qui viennent s’immiscer dans la relation que nous tissons avec nous-même ? Le regard de l’autre, du regard parental au regard du conjoint, mais également le regard social, celui qui nous fait rentrer dans une norme ou nous exclut d’une élite. Celui qui vient diriger à notre insu cette relation si intime que nous avons avec notre corps. Quand le paraître se fait diktat et que l’on en oublie d’être. Pour Laetitia, l’évidence ne s’est pas faite attendre : « Je n’étais jamais satisfaite de mon corps, je devais toujours aller plus loin dans la perfection, sans jamais en ressentir ni bonheur ni épanouissement. Je voyais des amies heureuses dans un corps moins parfait, mais en accord avec elle-même. Elles acceptent le temps qui passe, sans tenter de ressembler à une gravure de mode, en cherchant simplement à être au mieux de leur forme. » Pour la psychologue Sylvie Gerschel, « les transformations physiques sont surtout mal vécues par les femmes qui manquent de confiance en elles à la base ».

Du corps rêvé au corps apprivoisé

« À ma première grossesse, explique Évelyne, 33 ans, j’adorais regarder mon ventre s’arrondir. J’étais à l’affût du moindre changement, je me scrutais devant le miroir. J’observais mon visage que je trouvais épanoui, j’étais dans un état un peu euphorique aussi, et très fière, c’est pourquoi je mettais mon ventre en valeur par mes vêtements. Je ne me suis jamais préoccupée de mon apparence après l’accouchement ! » Pour Hélène, 32 ans, ça a été le contraire : « J’étais extrêmement angoissée à l’idée de prendre du poids. Je ne voulais pas que mon corps se modifie trop. J’ai fait très attention. Je ne crois pas avoir fait un seul écart : exit les gâteaux, biscuits, chips et charcuteries. J’ai fait du sport comme jamais. Tous les jours, une heure de natation. J’ai pris seulement six kilos. À la sortie de la maternité, j’avais tout perdu et je rentrais dans mon 38. Le corps que j’ai aujourd’hui est ma plus belle récompense. » Sylvie Gerschel ajoute que « la grossesse peut être un vrai plaisir comme une épreuve. Les transformations physiques mal vécues par les femmes qui n’acceptent pas le temps qui passe ou leur nouvelle maturité. Donner la vie, c’est devenir adulte, passer à une autre génération et cela n’est pas facile à vivre pour toutes les femmes ».

Coaching – Image de soi

Exercice 1 : Tableau de bord du « moi corporel »

Prendre un cahier et y écrire chaque jour ce que l’on fait pour son corps, pour lui faire du bien. La manière dont on l’a nourri, fait bouger ou au contraire malmené. Exprimer ses émotions au fil des jours et amplifier ainsi l’envie de se prendre en charge, de s’occuper de soi, de se faire du bien, d’avoir le corps que l’on a envie d’avoir.

Exercice 2 : Travailler l’image de soi

Faire un tableau à plusieurs colonnes incluant :

  • ce que je n’aime pas chez moi, que ce soit les parties du corps ou les changements liés au temps ou aux grossesses;
  • ce que je peux faire physiquement pour changer : sport, régime, cure de vitamine, etc. ;
  • ce que je peux faire psychologiquement : m’accepter, changer de regard, porter mon attention ailleurs, etc. ;
  • ce que je ne veux pas faire parce que ce serait contraire à ce que je suis.

Exercice 3 : 5 clés pour s’aimer au fil du temps

  1. Se laisser le temps de se retrouver, sans excès, sans trop de hâte, prendre le temps nécessaire pour être dans une vraie volonté.
  2. Faire un sport « plaisir », un sport que l’on aime et qui épanouisse aussi bien le corps que la tête.
  3. Travailler ses atouts, fesses, ventre, cuisses… Mettre l’accent sur les parties que l’on préfère, celle que l’on a envie de mettre en avant.
  4. Accepter ses petits défauts comme autant de marques du temps vécu, des épreuves et des joies, des jours que l’on a eu la chance de vivre.
  5. Se regarder avec bienveillance, avec douceur, sans pointer ce qui ne va pas, en regardant ce qui va et ce que l’on aime.